‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 54 sur 99 · DES SIGNES I»P. LA MORT · texte numérisé non relu

DES SIGNES I»P. LA MORT

membres sont affaissés sur le plan qui les supporte; la peau et les muqueuses étant absolument décolorées.

Les parties comprimées par le plan sur lequel elles reposent, s'affaissent et ne tardent pas à se marqueter de lividités (taches rougeâtres). Un lien appliqué sur un membre, ou simplement sur un doigt, n'entraîne pas, comme pendant la vie, le gonflement des parties qui sont périphériques par rapport à la ligature. Une brûlure provoquée par le contact de la flamme ou de l'eau bouillante, ne détermine ni rougeur, ni élevures ou vésicules. L'application des ventouses scarifiées ne l'ait pas couler de sang. On a invoqué encore la perte de la transparence des doigts et des oreilles, mais ce signe n'a pas plus de valeur que la sueur froide et l'odeur spéciale qui n'en ont pas beaucoup. La perte de connaissance et l'insensibilité générale sont dans le même cas.

L'œil est un des organes qu'il est le plus facile d'explorer et qui donne des signes de haute valeur. Il reste entr'ouvert, la cornée transparente est insensible au contact, elle ne tarde pas à perdre sa transparence et son poli ; elle se recouvre d'une toile glaireuse et chagrinée, qui n'est autre que son épithelium détaché de sa surface. Les pupilles se dilatent d'abord, comme dans le sommeil, mais elles demeurent immobiles. L'injection dans l'œil de quelques gouttes d'une solution d'atropine, qui fait dilater la pupille sur le vivant, serait sans effet après la mort. La sclérotique (le blanc de l'œil) montre une tache noire, sorte d'ecchymose. L'œil a perdu son éclat en même temps que sa transparence ; son globe devenu flasque se plisse et s'affaisse.

La respiration est totalement suspendue. Le cœur cesse de battre, et comme c'est là un des meilleurs signes de la mort, il est bon de s'en assurer et parla palpation et par l'auscultation. Le pouls traduit le même fait en cessant de battre. Les vaisseaux capil-

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laires se vicient, comme on peut s'en convaincre en les incisant, les artères font de même et les veines reçoivent le sang plus ou moins coagulé.

En même temps, la température s'abaisse : un thermomètre placé dans l'aisselle d'un homme en santé marque environ 37° ; s'il s'abaisse au dessous de 30° c'est que la vie a cessé.

La rigidité cadavérique est une sorte de raideur générale, qui envahit les membres du cadavre de six à douze heures après la mort et cesse au bout de trentesix à quarante-huit heures. Elle est facile à constater et n'a d'autre tort que d'être d'une valeur un peu tardive. J'en dirai autant de la putréfaction, qui est un signe encore plus certain : on sait qu'elle se traduit par une coloration verdâtre de la peau et s'annonce tout d'abord à la peau du ventre ; mais cette tache n'apparaît guère que vingt-quatre heures au plus tôt après la mort, et quelquefois beaucoup plus tard. Elle s'accompagne d'ailleurs du ramollissement des tissus, de la production de gaz dans leur épaisseur, et, ce qui est plus facilement appréciable, d'une odeur spécialement désagréable.

Un autre signe important, mais qui réclame un outillage spécial pour être constaté, c'est l'état de la contractilitè musculaire, explorée au moyen d'une machine électrique. Les secousses d'une machine d'induction font contracter les muscles qu'on a mis en contact avec ses conducteurs ; or, une heure après la mort, cet effet cesse de se produire.

Enfin, c'est encore un moyen de juger de la valeur des signes de la mort réelle, que de savoir quelles sont les maladies ou les états anormaux qui exposent le plus les sujets à tomber en un état de mort apparente. Ce sont les états asphyxiques, qu'ils surviennent par submersion, par pendaison, par l'inhalation de gaz irrespirable, ou par suspension de l'acte respiratoire, comme chez les nouveau-nés, ou chez les sujets morts

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