DES SIGNES DE LA MORT
do froid ; c'est l'état syncopal, que peuvent produire toute impression morale ou physique brusque et violente, ou encore certains états nerveux, une grande faiblesse ou une commotion cérébrale; c'est encore l'hystérie, dans ses graves complications de catalepsie et de léthargie ; c'est l'apoplexie ; c'est la fulguration ; ce sont enfin les intoxications, l'ivresse et l'abus des anathésiques.
En résumé, les signes qui ont le plus de valeur pour accuser la mort, sont, outre le faciès et l'abaissement inerte de la mâchoire, les taches livides, l'effet pour ainsi dire nul des ligatures et des brûlures, ainsi que des ventouses scarifiées , l'aspect de l'œil, terne et dépoli avec la dilatation et l'immobilité des pupilles; enfin et surtout, l'absence de pouls, l'arrêt du cœur, l'abaissement de la chaleur, et la cessation de la contractilité électro-musculaire, puis la rigidité cadavérique et la putréfaction.]
Mais parmi ces signes, ceux qui peuvent servir de témoins immédiats, pour ainsi dire, et permettre d'affirmer la mort peu de temps après qu'elle vient de se produire ne sont guère que les suivants : l'absence de la circulation (du pouls), de la respiration et delà sensibilité ; la raideur et l'inflexibilité des membres survenues après la mort ; la flaccidité et la flétrissure des yeux; l'obscurcissement, le défaut de brillant et de transparence de la cornée, accompagné de la pellicule glaireuse , l'immobilité et la dilatation des pupilles.
Si tous ces signes se trouvent réunis chez une femme qui vient de mourir étant enceinte, on doit sur-le-champ procéder à l'opération césarienne, sans même avoir recours à l'épreuve galvanique. Si, au lieu de trouver tous ces signes réunis, on ne rencontrait que le manque de circulation, de respiration et de sensibilité , avec la flexibilité permanente des membres, non précédée de la rigidité cadavérique, et
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l'état physiologique permanent des yeux, ci-dessus décrit, on devrait attendre, parce qu'alors la mort n'est probablement qu'apparente. On emploierait donc au contraire tous les moyens propres à ranimer les propriétés vitales profondément engourdies et assoupies : on ferait des frictions avec de la flanelle chaude aux membres et à la région du cœur ; on mettrait sous le nez des flacons contenant des liqueurs à odeur forte et pénétrante, comme du vinaigre radical ou du plus fort qu'on pût trouver, de l'éther, de l'ammoniaque ; on appliquerait des sinapismes très irritants aux extrémités, aux pieds et aux jambes. On aura toujours le soin d'entretenir la chaleur du corps de la femme morte, au moyen de flanelles ou de serviettes chaudes appliquées sur le ventre.
Si quelques heures se passent sans qu'il se manifeste de nouveaux signes de la réalité de la mort, on doit interroger l'irritabilité musculaire parla pile voltaïque, et ne rien entreprendre tant que la contractilité existe '..Si au contraire son extinction est bien et dûment constatée par l'épreuve galvanique, on doit alors non seulement faire de suite l'opération, mais on pourrait, même quelques heures après le décès, procéder sur-le-champ à l'inhumation, n'était la circonstance de la grossesse ou de la défense légale, sans attendre un commencement de putréfaction. Un célèbre médecin légiste, le docteur Marc, va jusqu'à dire que « les corps ne devraient jamais être portés en terre qu'après que la pile de Volta n'aurait plus produit d'effet sur eux. »
' Un puissant moyen d'excitation a été proposé, c'est l'acupuncture ou plutôt l'éloctro-puncture. D'après les expériences récentes d'un médecin italien, le docteur Carraro, sur plusieurs chats maintenus sous l'eau pendant le même espace de temps, et ainsi asphyxiés, ceux qui furent abandonnés à eux-mêmes périrent, tandis que la piqûre du cœur rendit les autres presque immédiatement à la vie. (Journal universel des Sciences médicales, n° 29.)
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En général, toutes ces précautions sont bien plus nécessaires dans les cas de morts subites causées par des maladies cérébrales, apoplectiques, léthargiques, carotiques , syncopales, asphyxiques , convulsives , hystériques, épileptiques, tétaniques, cataleptiques, extatiques et autres aberrations nerveuses d'une gravité extraordinaire; car pour les maladies ordinaires, aigués ou chroniques, ou les maladies qui conduisent à la mort par tous les degrés connus de dépérissement, de faiblesse, d'émaciation, de marasme et d'extinction successive, qui offrent tous les symptômes qui précèdent et accompagnent l'agonie, et où enfin les malades meurent peu à peu, partiellement, successivement et en détail en quelque sorte, dans tous ces cas on est généralement bien plus tôt convaincu de la réalité indubitable de la mort. Et en effet, de tous les malades qui succombent aux affections chroniques de la poitrine , à la phthisie , aux anévrysmes avec enflure des extrémités, aux hydropisies, aux maladies cancéreuses , scrofuleuses , cachectiques , etc., et même qui périssent sous le poids des maladies aiguës, comme les fièvres graves qui se terminent par un état de marasme complet ou de décomposition putride, ou les phlegmasies aiguës, les dyssenteries, les fluxions de poitrine, les pneumonies ou les pleurésies arrivées à leur dernière période ; de tous ces malades, dis-je, ou plutôt de tous ces morts, en a-t-on jamais vu revenir un seul à la vie, sur des milliers ou même des millions d'individus? On est donc alors assuré de La réalité de la mort; et cette conviction pratique et expérimentale est d'une très grande force, ou plutôt elle équivaut à la certitude. Donc, dans tous ces cas, l'ouverture peut être faite immédiatement après le décès. C'est dans ces circonstances que peuvent trouver leur application les assertions d'un célèbre auteur, qui, en matière d'accouchement, est certes une grande autorité (Gardien). Voici ce qu'il dit
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d'une manière qui paraîtra au moins bien absolue : « On doit opérer immédiatement après te décès des. femmes qui sont présumées mortes avant d'accoucher, quel que soit le terme de leur gestation... Quoiqu'on présume que la femme est morte, on doit pratiquer la gastro-hystérotomie (opérationne césarion) avec les mêmes précautions que si elle était vivante... On compromet son existence (de l'enfant) si avant d'y recourir on cherche à s'assurer de la mort de la mère par diverses épreuves. » [Did. des Sciences méd., art. Gastro- Hystèrotomie.) Ce n'est guère que dans les affections cérébrales, léthargiques, hystériques, convulsives, syncopales, que surviennent les morts apparentes , qui seules nécessitent l'emploi des épreuves et l'indispensable mesure de l'expectation.