COCHON ET LES THÉOPHILANTHROPES
Royalistes, le troisième pour une puissance, le quatrième pour une autre, etc... Ainsi tout le monde y trouverait son compte. Tl paraîtrait seulement essentiel que le pape de la République fut à Rome1. »
Dans un esprit analogue, Reubell jugea le culte préconisé par La Révellière. A lui personnellement, cette religion sentiiïfentale devait être assez indifférente. Il était trop froid, trop persifleur2 3 4, trop profondément homme de loi :i, pour être sensible à ces vagues niaiseries morales. Mais puisqu’il y avait encore en France des gens capables d’être émus par des cbanls civiques, des lectures et des discours vertueux, puisque par ces moyens on pourrait espérer ramener quelques bonnes âmes à la République, Reubell ne demandait pas mieux que d’essayer.
Contre les dédains de Carnot, il prit la défense des innocents théophilanthropes. Il dit que le nouveau culte « pouvait présenter quelques avantages qui ne sont pas à dédaigner », ne serait-ce « qu’en établissant une concurrence de plus contre le catholicisme h » Le plan de La Révellière lui parut « réunir beaucoup de bonnes idées ». Il faudrait seulement y faire quelques corrections et additions.
Cochon et les théophilanthropes. Hostilité de la
1. Vieil, iiat., A K l II 77. Cacaull annonçait (le Home, le 17 lloréal an V, qu’en cas de mort du [tape, l’ambassadeur d’Espagne avait reçu ordre de sa cour de ne reconnaître aucun nouveau pape qui ne serait pas élu du consentement de 1 Espagne. « Au cas où le nouveau pape ne lui serait pas agréable, Azara devait quitter Home avec tous les Espagnols. »
2. Sur son pcrsitlage, voir La Révellière, Mém., I. p. 332-3. Voir aussi notre article « Le bureau politique du Directoire » (/îeuiie historique, Ier janvier i()o3).
3. Reubell « pensait qu’en général la plupart des hommes, à 1res peu d’exceptions près, étaient au moins des fripons et souvent des loups qui s’appellent civilisés, passent les courts moments de leur apparition sur la terre à se disputer, par tous les genres de guerre, la portion de fruits répandus à la superficie de ses entrailles, etc... » Barras. Mém., III, p. 1 3 1 .