‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 104 sur 519 · Sur l’Année religieuse, voir plus bas · texte numérisé non relu

Sur l’Année religieuse, voir plus bas

3. Est-il besoin de dire qu’il y a rien de pareil dans l'Année religieuse des théophilanthropes ? Mais rien ne montre mieux la fertilité d’invention des policiers qui veulent flatter les secrètes passions de leurs maîtres.

t\. Arch. nat., **F" 4282.

5. « Dans la très petite église de Sainte-Catherine, rue Saint-Denis, que les protestants ont louée pour y exercer leur culte, après qu’ils y ont fait leurs fonctions, il s’y tient une assemblée de Jacobins, sous le

COCHON ET LES TIlÉOPHILANTHROPES

ordonnait gravement une nouvelle enquête, le i5 prairial1. Et Limodin, décidément très prévenu, rédigeait un nouveau rapport aussi peu sympathique aux théophilanthropes que le précédent !... « La morale de cette société est pure, tout est bien jusque-là. Mais des rapports nous attestent que ces beaux dehors de morale pure et édifiante cachent un antre d’anarchie, de terrorisme enfin. Après les discours publics, les sectateurs se rendent dans un local plus retiré, là on applaudit à tout ce qui peut tendre au renversement du gouvernement. On se promet tout bas une réaction qui comptera. On foule aux pieds, dit-on, la constitution de l’an III, on se dit bons frères par trois fois trois, c’est-à-dire bons nuirons'2. Notre rapporteur nous ajoute que plusieurs des frères ont une moralité (s/c) très prononcée contre le gouvernement. Ce sont ses expressions.

« Des observateurs suivent de près cette société, les commissaires de police de cet arrondissement épient les démarches : lorsque nous aurons quelque chose de positif, nous nous hâterons de vous en instruire. Nous pensons bien fortement que rien n’est à négliger, nous apporterons beaucoup de prudence dans cette surveillance. »

prétexte qu’ils oui adopté la religion des protestants et après avoir assisté à leurs cérémonies les jours de fête, lorsqu'elles sont finies, alors on y fait les motions les plus incendiaires, on y lit des imprimés qui provoquent le pillage, on y dit tout haut en chaire qu’il faut se répandre dans les campagnes et dans tous les lieux où l’on n'a rien à craindre des armées, tâcher de se rendre les maîtres de l’opinion et du peuple, qu’il ne faut pas s’embarrasser si l’on aura de quoi vivre, que la terre porte partout de quoi les nourrir et les vêtir. Personne ne peut entrer dans celte église qu’avec un billet ou une carte. C’est une marchande de la place des Innocents qui racontait ce fait à une autre, qu elle disait le tenir d’une de ses amies qui assistait à celte assemblée et qui était jacobine... » (non signé). Arcli. nat.,

1. Sa lettre et la réponse du bureau central sont conservées aux Àrch. nat sous la cote **F7 4282.

2. Il est possible, en elfet, que llaüv, Chemin, Goupil de Préfelne aient amené rue Saint-Denis quelques-uns de leurs anciens amis des loges. (Voir plus haut, chap. 11, p. 83.)

L’abbé Guyot, dans son pamphlet L’Ami des théophilanlhropes, compare la maçonnerie et la théophilanthropie : « Les francs-maçons croient, eux aussi, à l'Etre suprême, lisse donnent le nom de philanthropes. Ceux-ci n’ont fait qu’ajouter les quatre premières lettres du

LES APPROCHES DE FRUCTIDOR

Ainsi, loin d’avoir bénéficié, au début, de la protection du pouvoir, les théophilanthropes lui furent, au contraire, passablement suspects. Mais la situation va changer du loul au tout. Cochon est chassé du ministère en thermidor1; ses successeurs, Lenoir-Laroche et Sotin, sont deux hommes de La Révellière. Le culte de la religion naturelle devient par excellence le culte agréable au gouvernement2.

Le discours du 12 floréal. — Cette évolution date véritablement du discours que prononça La Révellière devant l’Institut à la séance du 12 floréal. Ce discours eut des conséquences assez importantes pour que nous en donnions ici une analyse 3. Il est manifeste que l’auteur voulut donner à ses paroles, à son acte, son maximum d’effet. Pour être plus facilement compris de la masse des lecteurs, il suivit un plan très 'méthodique et ne craignit pas de revenir à plusieurs reprises sur les points qui lui

nom et ils se sont dit théophilanthropes ; tout cela est parfaitement ressemblant. Les francs-maçons avaient leurs initiés, c’est-à dire leur comité secret ; les théophilanthropes ont aussi les leurs, tout n’est point divulgué, les chefs s’assemblent tous les mercredis en comité. Ce comité secret 11e fit qu’un passage entre les uns et les autres dans la personne des jacobins. . . » « Les mêmes individus que j’ai vu prêcher l’athéisme en g4 prêchent aujourd’hui ce qu’on appelle la théophilanthropie... » ( L'Ami des théophilanthropes , p. 48-5a.)

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