‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 106 sur 519 · LE DISCOURS DU 12 FLOREAL · texte numérisé non relu

LE DISCOURS DU 12 FLOREAL

paraissaient particulièrement essentiels. Aussi est-il très facile de résumer sa pensée sous une forme rigoureuse et logique.

L’idée principale nous est familière. La République, gouvernement idéal, ne subsistera qu’autant que les institutions politiques, qui l’ont créée, seront renforcées par des institutions morales correspondantes.

Ces institutions morales, qui « donneront à la constitution française toute son étendue et la fortifieront de manière à la rendre, pour ainsi dire, indestructible », seront de trois sortes. Il y a trois moyens d’établir l’unité morale des Français :

i° Le culte ;

2° Les cérémonies civiles ;

3° Les fêtes nationales.

Le culte formera des citoyens vertueux dans la vie privée ; — les cérémonies civiles formeront des citoyens animés les uns envers les auLres d’un esprit de bienveillance réciproque, des citoyens sociables — , les fêtes nationales inspireront à ces citoyens vertueux et sociables un ardent amour de la patrie, en feront des républicains.

i° Le culte. — C’est une question, pourtant, de savoir si on ne peut rendre les hommes honnêtes sans le secours d’une religion ? — Distinguons : « Je conçois qu’un homme qui a reçu une éducation soignée, qui s’est accoutumé à la réflexion, qui a puisé dans ses études et dans toutes les circonstances de sa vie certaines idées île convenance et un amour raisonné de l’ordre, peut, sans croyance et sans culte, exercer toutes les vertus sociales, mais cela n’est pas vrai d’un peuple ». 11 faut une religion pour le peuple — c’est le mot de Voltaire. — « La multitude ne peut s’élever à ces idées d’ordre et de convenance qui supposent un esprit exercé et un goût délicat. » La multitude ne peut être conduite à la vertu par des moyens en quelque sorte extérieurs, car sur elle sont impuissants les froids calculs de la raison.

Mais si l’état peu avancé des sociétés rend encore une religion nécessaire, tout au moins faudra-t-il que cette Mathiez.

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