‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 107 sur 519 · I.ES APPROCHES DE FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

I.ES APPROCHES DE FRUCTIDOR

religion serve le progrès, loin de l’entraver, qu’elle fortifie les mœurs, loin de les dépraver, qu’elle sauvegarde la liberté, loin de la détruire. — Trop de religions ne sont que de honteuses et redoutables superstitions ! toutes celles qui ont un sacerdoce. — Le prêtre, usurpant la place de Dieu, lait de l’homme un stupide et servile exécuteur de ses volontés. Il s’empare de lui à tous les instants, lui inspire des terreurs continuelles, lui rétrécit le cœur et l’esprit par des pratiques minutieuses. — Le dévot, c’està-dire l’homme modelé par les prêtres, est un être dédaigneux, hautain, irascible, insultant, qui se croit dispensé de tous ses devoirs envers sa famille, envers son voisin, envers l’Etat, s'il a accompli ponctuellement les meuneries puériles commandées parles prêtres. Tels sont les fruits de la religion romaine, « de toutes les sectes chrétiennes la plus opposée aux progrès et à l’exercice de la saine morale et la plus contraire à l’établissement et au maintien de la liberté ».

S’ensuit-il que toutes les religions doivent aboutira ces déplorables résultats ? — Pas nécessairement . On peut concevoir, on peut même établir un culte sans prêtres, sans système, sans mômeries, sans stupidités, qui n’aura que des avantages. La chose, quoi qu’il paraisse, n’est pas au-dessus des forces humaines. Le calvinisme déjà ne présente pas autant d’inconvénients que le catholicisme. « Voyez un pays catholique et un pays calviniste par exemple et comparez-les (toutes causes influentes d’ailleurs égales) ; vous trouverez dans le pays calviniste des ménages plus heureux, des femmes plus chastes et plus économes, des maris plus tendres et plus laborieux, des enfants plus chéris et plus respectueux, un raisonnement plus sain, un pays mieux cultivé, en un mot, un peuple plus actif, plus industrieux, plus charitable, meilleur et plus content ; beaucoup plus d’esprit public et de véritable amour de la patrie. »

Mais on peut faire mieux que le calvinisme. Les dogmes du nouveau culte, du culte raisonnable, seront réduits au strict minimum ; ils seront au nombre de

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