‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 138 sur 519 · Loi du 24 nivôse an VI · texte numérisé non relu

Loi du 24 nivôse an VI

5. D’après le procès verbal des Cinq-Cents (Bib. de la V. de P. 12272) Audoin se serait exprimé de la façon suivante (19 fructidor an V) : « Il 11e suffit pas d’avoir brisé la trame de la conjuration. prenez garde, représentants ! Si de concert avec l’autorité exécutive, vous n’employez pas tous vos soins à former une véritable opinion publique, vous n’aurez fait (pic du bruit pendant quelques heures et vous n’aurez pas affranchi les républicains d’une réaction qui serait la dernière... (Cette opinion) on la formera en créant des institutions républicaines qui feront oublier à jamais les habitudes et les préjugés monarchiques, etc...»

fi. Jean de Bry donna lecture de son rapport sur les institutions républicaines, le 23 vendémiaire an VI. Duhot, au nom de la commission d’instruction publique, fil un autre rapport « sur la célébration civile des décadis », le i4 frimaire. Enfin Leclerc traita surtout la question des institutions civiles, le 21 frimaire an VI et jours sui-

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niais qui seront repris par la législature suivante et aboutiront finalement à l’institution du culte décadaire.

Leclerc et le livre de famille. — Arrêtons-nous un instant au projet de Leclerc sur les institutions civiles'. Nous y reconnaîtrons presque sans mélange la pensée de La Révellière et l'inspiration théophilanthropique. Pour refaire « l’unité sociale » de la France, ébranlée par les querelles religieuses, Leclerc pense qu’il n’y a pas de moyen plus sûr que de rendre aux actes de l’état civil « le caractère touchant et religieux, qui n’aurait jamais dû les abandonner, qui remplacerait enfin, mais par des effets moraux bien plus étendus, tout le bien que produisait chez les anciens l’institution des dieux lares ». Se souvenant probablement de ces livres de raison, sur lesquels les bourgeois de l’ancienne France inscrivaient à côté du compte des dépenses et recettes, leur généalogie, les naissances, les décès survenus dans leur famille et les événements importants de leur vie, Leclerc demandait que chaque citoyen fût tenu de se procurer un livre de famille, qui recevrait, outre] « les actes de naissance, d’adoption, d’inscription civique, de mariage, de tutelle ou curatelle et de décès », la mention des prix remportés soit dans les écoles nationales, soit dans les fêtes publiques, l’indication des événements heureux ou malheureux, la liste enfin des dignités et des fonctions obtenues au choix du peuple et du gouvernement. Le livre de famille « paraîtrait dans toutes les solennités relatives à l’état civil, et chaque acte serait rendu authentique par les mêmes signatures que celles exigées pour les registres publics2 ».

On donnerait aux actes de l’état civil un caractère religieux. Les naissances, mariages, adoptions seraient célébrés tous les décadis par les soins des magistrats dans les temples républicains , nouveau nom des églises transformées. La

vants. Son projet fut ajourné ; seuls les deux premiers articles du projet de Duhot furent votés le 7 nivôse.

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