‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 144 sur 519 · L’Echu (lu 10 germinal an VI · texte numérisé non relu

L’Echu (lu 10 germinal an VI

2. Voiries nI,s des 8 nivôse, 9 nivôse, 10 pluviôse, G ventôse, 3o ventôse an VI.

3. Sur les rapports entre la théophilanthropie et les cercles constitutionnels, voir chap. suivant.

4- Par exemple* quand ils avaient consenti pour des considérations d’ordre public à se désister de leur pétition pour obtenir Notre-Dame. Voir p. 179.

Si on en croit Chemin, mais ici son témoignage est suspect, le comité aurait été poussé dans cette voie par des influences extérieures1. Le même Chemin laisse entendre que le dessein de s’emparer des églises de Paris procédait d’un « enthousiasme presque révolutionnaire2». Quoi qu’il en soit, avant d’exécuter ce plan de campagne qui consistait à dresser partout, et dans le même édifice, l’autel théophilanthropique en l'ace de l’autel catholique, le comité consulta La Révellière. Celui-ci, paraît il, émit quelques objections, fit des réserves. Mais une nouvelle visite vint à bout de ses hésitations et il finit par donner son consentement3.

Dès lors, le comité pouvait aller de l’avant. Voyons

i. « On voit que ces premiers sociétaires (du comité) commencèrent avec beaucoup de modestie et sans avoir la manie du prosélytisme, mais qu’aussitôt, en vertu des lois de la République française ils purent avoir la jouissance des temples concédés pour les cultes, on les pressa de porter leur institution dans tous ces temples... » ( Qu'estce que la Théoph. ?, p. 8). Ce témoignage est suspect, parce que Chemin, ingrat lui aussi envers La Révellière, cherchera plus Lard à excuser son échec à l’aide d'arguments plu s spécieux que solides. Dans ce passage cité, il a l'air d’invoquer les circonstances atténuantes.

a. Qu’est-ceque la Théoph.?, p. g. Chemin alïirmera plus tard que les théophilanthropes auraient préféré obtenir la jouissance exclusive de quelques temples plutôt que de faire concurrence aux catholiques dans leurs propres églises. « Ils ont déclaré, dit-il, dans des pétitions adressées aux autorités qu’ils aimeraient beaucoup mieux, si le gouvernement leur en donnait le choix, avoir la jouissance particulière du temple le plus modeste que d’être dans les plus beaux édifices pour y soutenir des luttes auxquelles ils ne devaient pas s’attendre d’après la douceur et la pureté de leur morale » ( Qu'est-ce que la Théoph.?, p. 47). Mais aucun des documents authentiques arrivés à ma connaissance ne confirme ces protestations faites après coup.

3. Après la chute de La Révellière, les théophilanthropes, lui donnant le coup de pied de l’àne, accuseront leur protecteur d’avoir usé envers eux de perfidie et de machiavélisme. Le pamphlet théophilanthrope intitulé Comité secret de la vallée de Montmorency (Bib. nat., Lb42 2254) suppose que La Révellière en accordant aux théophilanthrope l’autorisation qu’ils demandaient d’occuper les églises de Paris, n’avait voulu que les mieux perdre... « Ils m’exposèrent (c’est La Révellière qui parle) que, trop resserrés dans leur salon de la rue de Thionville, ils demandaient qu’on leur accordât quelques-uns des temples occupés par les catholiques; je jouai mon rôle en femme prude, on prit mes refus pour de la prudence, et l’on revint le lendemain à la charge. Le divide de l’évêque de Blois (Grégoire) fut mis en pratique. On accorda aux théophilanlhropes les temples qu’ils demandaient et ils donnèrent tète baissée dans le panneau. C’est de cette occupation simultanée de douze temples par les théophilanthropes que date le premier et le plus terrible échec qu’ils aient éprouvé... »

Page 1