‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 150 sur 519 · TA PRESTATION HE SERMENT · texte numérisé non relu

TA PRESTATION HE SERMENT

gramme de l’organisation dn culte, élaboré par Chapuis, fut soumis par ses soins au ministre de la police qui, sans doute, l’approuva. C’est grâce à cette circonstance d’ailleurs qu’il nous est parvenu1.

La PRESTATION DE SERMENT. - SoTIN ET LE BüREAU

central. — En attendant le jour de l'inauguration du temple, qui devait avoir lieu le 22 brumaire (mardi 12 novembre), le lecteur-surveillant, pour se mettre en règle avec la loi, dut prêter devant la municipalité de l’arrondissement le serment exigé des ministres des cultes2. A propos de ce serment s’éleva, entre le ministre de la police et le Bureau central, un différend qui vaut d’être raconté. Affectantde ne pas distinguer les lecteurs théophilanthropes de leurs fidèles, le Bureau central les avait assujettis les uns et les autres aux mêmes formalités par une circulaire, adressée à tous les commissaires de police, en date du i5 vendémiaire3: « La loi, disait la circulaire, est commune aux ministres de tous les cultes, elle plane sur eux indistinctement; elle s’applique aux chefs de toutes les sectes, au ministre protestant, comme au prêtre catholique et au rabbin. Mais, parmi tous ces cultes divers qui s’exercent sous la tolérance des lois, il en est dont les caractères particuliers ne vous échapperont point, lorsque vous exigerez la justification du serment dont nous parlons.

Les uns, et c’est le plus grand nombre, n’admettent à l’exercice de la liturgie qu’un ou plusieurs ministres. Mais

Dassin, Iluzée, Gervais, Varlet, Bergeret, Chauvet, Lourcliet, Chauvet et Degousse.

1. N oir (Arch. nat., F7 7338) la lettre de Chapuis à Sotin en date du 28 brumaire an VI.

2. Aucun indice ne nous permet d’affirmer (pie les théophilanthropes cpii exerçaient leur culte, avant le 18 fructidor, à Sainte- Catherine, à l’ancien Musée de Paris et dans la chapelle des Dames de la \ isitation, aient été astreints à une déclaration quelconque.

3. Insérée dans Le Rédacteur du 22 vendémiaire et reproduite par Aulard, Esprit public, IV, p. 876.

l.E LENDEMAIN DE FRUCTIDOR \ PARIS

d'autres cultes appellent indifféremment tous les sectateurs aux fonctions de ministre. Quiconque, parmi eux, se trouve animé du feu de l’inspiration est admis à remplir ces fonctions délicates. 11 a le droit d,e parler, d’énoncer librement sa pensée, d’instruire, d’éclairer, d’échaufTer les auditeurs et de contribuer, par son éloquence, aux progrès du prosélytisme. Ici, citoyens, la loi du serment se trouve en rapport avec tous les membres de l'assemblée : considérés comme fidèles contemplatifs, ils en seraient exempts, mais comme participant tous à l’exercice du culte, ils y sont individuellement assujettis. Ces caractères distinctifs peuvent être facilement saisis, et vos relations journalières et habituelles avec les localités vous mettront à portée de connaître la nature des différents cultes qui s’exercent dans les arrondissements dont la police vous est confiée. » — Ne dirait-on pas qu’en obligeant ainsi tous les théophilanthropes, ou plutôt tous les auditeurs, à se soumettre à des formalités longues et ennuyeuses, le Bureau central n’était pas hostile h la nouvelle religion et n’espérait pas faire le vide dans ses temples par ce moyen ingénieux ?

Le ministre de la police, Sotin, qui était théophilantlirope dans l’âme, ne pouvait manquer de protester contre des exigences aussi tyranniques. Le i4 brumaire, il écrivit au Bureau central, qu’ayant fait un examen scrupuleux de sa circulaire, il s’était convaincu que les obligations qu’elle prescrivait « étaient fondées sur une erreur manifeste et donnaient aux lois du 7 vendémiaire an IV et 19 fructidor an V une latitude absolument contraire à la lettre et à l’esprit de ces lois1 ».

Vous avez entendu parler de deux sectes connues sous les noms de quakers et de théaphilanthropes, de ce que dans ces deux sectes aucun individu n’est spécialement chargé des fonctions spirituelles relatives à l’exercice du culte, vous en avez conclu que tous ceux qui l’exercent en sont les ministres ; celle conséquence est aussi fausse qu’absurde 11 était plus naturel

1 La minute de sa lettre est aux Arch. nat., F' 7827.

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