‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 151 sur 519 · Barré dans la minute · texte numérisé non relu

Barré dans la minute

sevra ET LE BUREAU CENTRAL

et plus juste à la fois d’en conclure que dans ces secles il n’y a point de ministres; qu’est-ce, en elfel, que le ministre d’un culte, sinon un individu exclusivement chargé de certaines fonctions relatives à l’exercice spirituel de ce culte? Or, dans les deux sectes dont il s’agit, il n’y a ni rites, ni cérémonies, tous ont le droit de parler. Sous ce rapport, il n’y a pas de ministre particulier, conséquemment il n’y a pas de ministre.

Il n’y a pas de ministres, il n’y a pas de serment à exiger d’eux. S’il pouvait en être autrement, il faudrait l’exiger de tous les membres des autres religions, de tous les sectateurs en un mot, ce que la loi n’a pas entendu. Le but de la déclaration, prescrite parla loi du - vendémiaire et du serment qui lui est substitué par celle du ig fructidor, est bien clair. C’est d’avoir une garantie purement civique contre l’abus que les ministres des cultes pourraient faire de leur ministère, pour exciter à la désobéissance aux lois de l’Etat; ce n’est donc pas des individus qui exercent un culte, mais de ceux (pii exercent le ministère que la loi exige le serment ; là où il n’y a pas de ministre particulier, il n’y a donc pas de garantie à exiger; ce ne serait donc, comme je l’ai observé, que par une fausse interprétation de la loi, en lui donnant une latitude contraire à son esprit, que l’on exigerait des quakers et des Ihéophilan - S Ihropes, tant que, comme aujourd'hui, ils n’auront ni prêtre ni ministre, le serment prescrit par la loi du 19 fructidor dernier.

Il est donc essentiel, citoyens, que vous rectifiiez promptement l’erreur sur laquelle les instructions contenues dans votre circulaire, en ce qui regarde ces secles, sont basées. Je vous charge à cet effet de donner à ma lettre la même publicité que vous avez donnée à la vôtre en la faisant imprimer, afficher et adresser aux commissaires de police.

Le Bureau central n’exécuta que partiellement les ordres du ministre. Par une circulaire du \[\ brumaire, il maintenait l’obligation du serment pour les lecteurs théophilantbropbes, mais la levait pour les assistants. « Ceux-là seuls, qui se présenteront pour lire ou prononcer des discours dans les temples, où les théophilanthropes se réunissent, doivent justifier de leur serment. . » — Il attendit jusqu’au 28 brumaire pour répondre au ministre et pour justifier sa conduite :

1. Cette circulaire est analysée dans le Cal. Charavay, n° 188, 1.

Citoyen ministre, nous avons reçu votre lettre du i5 de ce mois, relativement à notre circulaire adressée aux commissaires de police du canton de Paris, concernant le serment prescrit aux ministres des cultes par la loi du ig fructidor. Vous pensez que les lecteurs du culte théophilantlirope ne peuvent être considérés comme ministres, que, par conséquent, il n’y a point de serment à exiger et vous nous invitez à rectifier l’erreur, sur laquelle sont basées nos instructions en ce point, et de faire imprimer et afficher votre lettre pour lui donner la même publicité qu’à la nôtre.

Avant de prendre un parti que la pénurie des fonds ne nous permet guère, nous vous faisons l’observation suivante:

Les lecteurs du culte théophilanthrope ont été les premiers à se présenter pour prêter le serment : ils l’onl fait avec plaisir et se seraient présentés indépendamment de notre circulaire. 11 est doux pour eux, et peut-être ils regardent comme un devoir, de donner ce gage, cette garantie au gouvernement ; aucun d’eux à cet égard ne nous a adressé de réclamations, si ce n’est sur les procédés irréguliers de quelques administrations municipales.

Le sentiment, qui nous a guidés, ne suppose de notre part aucune considération sur la rectification que vous demandez, nous avons cru les lecteurs de ce cidte dans le cas du serment, parce qu’il s’ensuivrait, de ce que tous les théophilanthropes peuvent remplir les fonctions de lecteurs, que tous peuvent exercer sous cette dénomination le ministère. Quoiqu’il en soit, avant de prescrire définitivement aux administrations municipales une mesure sur un point que la loi n’a pas précisé, mais indiqué et qui appartient de si près à la législation, nous attendons un ordre ultérieur à cet égard. Salut et respect. Les administrateurs: Le Tellier1 2.

Le ministre n’insista pas. Mais le 3 frimaire, le Bureau central fit quelque chose pour les ihéophilanlhropes. Dans une nouvelle circulaire aux commissaires de police, il se plaignit des tracasseries suscitées à ces derniers. Il blâma le zèle intempestif des administrations municipales, « qui affichent leurs serments dans les temples, on même qui vont jusqu’à prendre leur signalement ". »

Page 1