I.E CII.TE NATION W, EN 1- VN IV
Le 7 vendémiaire an III, M.-J. Chénier reprochait à Robespierre, le nouvel Omar, d’avoir négligé les cérémonies nationales; il dénonçait la « faiblesse pour ne pas dire la nullité des ressources créées jusque-là pour leur célébration1 ». En frimaire, le comité d’instruction publique de la Convention, qui était dans certains moments comme le conseil permanent de la religion nouvelle, recevait l’ordre d’organiser promptement les Ictes décadaires2. Le i" ni vôse, M.-J. Cl îénier déposait son rapport au nom du comité et ses collègues consacraient le mois entier à l'étude de la question3. Le 17 pluviôse encore, Escliassériaux ainé, qui avait remplacé Chénier comme rapporteur du comité d’instruction publique, s’écriait qu’il fallait des institutions pour achever la Révolution, et déposait un projet de décret en ce sens*. Tout ce grand
1. Rapportai! nom du comité d’instruction publique; Bibl. de la V. de P. 1 2272.
2. Bulletin îles lois, n° 786 ; décret du 10 frimaire. La Convention nationale décrète que son comité d’instruction publique lui fera dans la décade un rapport sur les fêles décadaires.
3. Le 9 nivôse an III, la Convention invita ses membres à proposer leurs vues sur l’établissement des fêtes nationales où pussent se trouver réunis les hommes de toutes les religions (Grégoire, Histoire des Sectes, I, p. 182).
De nombreux députés répondirent à cet appel. Leurs opinions imprimées forment plusieurs volumes.
4. « Le peuple, disait il, soupire après les fêles nationales avec la même ardeur qu'il a reçu la Constitution que vous lui avez donnée. »
11 faut des institutions pour achever la Révolution.
« Les lois politiques fondent la liberté ; ce sont les institutions qui leur impriment la durée et la vénération des siècles; ce sont elles qui créent la morale du peuple, et qui forment le caractère national... elles sont le rempart de la liberté... La tyrannie et la superstition ont désolé la terre ; vous l’avez vengée de l’une, législateurs, vous devez soulager les maux de l’autre, vousdevez éclairer les erreurs... Chaque fête civique offrira une vertu, un bienfait de la nature, de la société ou de la révolution à célébrer... C’est aux patriarches des générations à présider les représentations de la vertu...
... Nous nous sommes rappelés que ce furent les sons de l’harmonie qui arrachèrent le sauvage de scs forêts qu’il ensanglantait par ses combats... C’est dans les fêtes civiques que les hommes de tous les cultes viendront se réunir pour célébrer l’Etre suprême... »
Suit un projet de décret qui n'a rien d’original — un tableau des objets de chaque fête ; il y en a de dédiées à la Nature, à l 'Amour, à la Reproduction des êtres, au Génie, à la Force, au Bonheur commun, h la Société, à la Régénération du peuple français, etc... ( Convention nationale ; Rapport et projet de décret sur les Jetés civiques, présentés pur