I.E l.l'.NOKMm DE FRUCTIDOR V PARIS
leniple du faubourg Jacques aux citoyens administrateurs du culte catholique dans le même temple.
Citoyens, en rendant justice à la manière honnête avec laquelle vous nous avez reçus et aux témoignages que vous nous avez donnés de votre amour pour la concorde et pour la paix, nous n’avons pas pu n’ètre pas vivement frappés des craintes qu’un de vous a manifestées sur les suites de l’inauguration du culte théophilanthropique dans le temple dont vous avez l’administration. Quoique nous ne partagions pas ces craintes, d’après les principes de tolérance qui ont fait beaucoup de progrès depuis que les théophilanthropes ont la jouissance des temples en concurrence avec les catholiques, l’assertion et le ton affirmatif de celui de vos collègues, cpii a dit que vous étiez expressément chargés par ceux qui suivent votre culte de vous opposer à ce que les théophilanthropes entrassent dans le chœur, nous autorisent à croire qu’il y aurait un parti pris pour empêcher cette introduction.
Nous ne doutons pas que vous ne soyez absolument pour rien dans cette petite conjuration qui retomberait infailliblement sur ses auteurs el qui ferait le plus grand tort aux catholiques — même qui n’y auraient pas la moindre part — en faisanl croire qu’ils sont essentiellement intolérants. Mais nous nous permettons de vous observer que, du moment où vous êtes instruits de la disposition de certains esprits, vous et les ministres qui desservent le temple êtes obligés par devoir de vous servir de toute l’influence que vous avez sur les personnes qui suivent votre culte pour les porter, non seulement à la tolérance, mais même au respect du nôtre. Nous savons par expérience combien un seul mot dit en chaire a de puissance sur les esprits, même les plus ardents, et nous aussi, dans les commencements de l’exercice public de notre culte, nous avons été quelquefois dans le cas de rappeler aux principes des personnes qui entraient dans nos temples, sans bien connaître encore l’esprit de la théophilanthropie et, nous avons constamment maintenu le respect dû à tous les cultes. Nous serions très affligés si notre entrée dans le temple du faubourg Jacques causait du désagrément à vous et aux ministres catholiques, ce qui ne manquerait pas d’arriver dans le cas où nous éprouverions le moindre trouble, car vous en seriez naturellement responsables aux yeux des magistrats, d’autant plus que, dans la conférence que nous avons eue ensemble, un d’entre vous a cherché à nous inspirer d’avance des alarmes. Nous nous reposons sur votre zèle et votre sagesse et, pour mettre l’autorité publique à portée de seconder les efforts que vous allez faire pour le maintien de la paix, nous envoyons copie de
i, ixstw. cation
celte lettre an ministre de la police, au bureau central, à l’administration du XII'1 arrondissement et au commissaire de police de la direction de l’Observatoire. Signe : Rcboulct, Brebicr, Laurissct1 3 4.
L'installation. — Le partage de l’église arrêté en commun bon gré mal gré avec les catholiques, les administrateurs théophilanthropes fixaient le jour de l’inauguration du nouveau temple et se hâtaient de procédera son aménagement \
Les préparatifs étaient d’ordinaire peu compliqués. Un autel, souvent en forme de colonne ou d’obélisque, une corbeille de fleurs, en général artificielles, une ou deux chaires à prêcher pour le lecteur et l’orateur, de grandes pancartes pour les inscriptions morales ; enfin des bancs ou des chaises pour les fidèles, voilà à quoi se réduisait la plupart du temps, le mobilier du temple Les frais de celle installation n’étaient donc pas très considérables, mais, quoique faibles, ils pesèrent lourdement sur le modeste budget des théophilanthropes, et même, si on en croit Chemin ', le manque d’argent aurait été un des principaux obstacles au développement de la nouvelle religion.