Qu’esl-ce que J a Théoph.?, p. là
La question financière. — Les quêtes faites, tantôt à domicile, tantôt au cours des cérémonies du culte, les dons volontaires des bourgeois éclairés qui s’intéressaient à l’œuvre1, ne suffirent pas à couvrir les dépenses2. Les théophilanthropes s’adressèrent alors au Directoire ; qui leur accorda des subventions sur les fonds de la police3. Grégoire s’est fait un devoir et un plaisir de publier, dans son Histoire des Sectes 4 , la supplique suivante que les théophilanthropes adressèrent au ministre de la police :
Du 27 nivôse an VI (1798). Les soussignés, administrateurs du culte théophilanlhropique établi en la ci-devant église Laurent, cinquième arrondissement à Paris, au ministre de la police générale, — Citoyen ministre, nous avons recours à votre sollicitude pour obtenir des secours indispensables, à l’effet d’éteindre des dettes cpie notre société n’a pu se dispenser de contracter pour son établissement. En effet nous restons devoir ce mémoire.
Arrêté du menuisier. .
Tableaux et peinture. . La corbeille.
i5o livres.
Total.
3oo livres.
Nousavons fait environ i5o livres de recettes, avec quoi nous avons payé le costume et antres dépenses indispensables, tels que les frais journaliers du culte.
Nous croyons pouvoir subvenir par notre zèle et les petites souscriptions à l’entretien de notre culte.
Mais, quelques efforts que nous ayons faits, nous prévoyons qu’il nous sera impossible de faire les recettes nécessaires pour payer nos premières dépenses ; d’autant mieux que le principal de notre arrondissement est composé des faubourgs Denis,
1 tl faut noter que le riche banquier Lecoulteux (de Canteleu) protégea la théophilanthropie jusqu'à la fin (La Révellière, Mém., II, p. 168).
2. Les registres de comptabilité des théophilanthropes ayant disparu, il est impossible d'établir exactement leur budget, comme M. Gazier a pu le faire pour les constitutionnels de Notre-Dame.
3. Voir plus haut, p. 201, note 2, les aveux de La Révellière concernant les ordres donnés au ministre de la police Sotin.
4. Histoire des Sectes, I, p. 4op. Je n’ai pas retrouvé aux Archives le document cité par Grégoire, mais il n’est pas douteux qu'il soit authentique. J’ai retrouvé en effet la plupart des autres pièces qu’il cite, ou menlionnc, ou auxquelles il fait allusion dans le même chapitre.