I,\ QUESTION FINANCIÈRE
Martin et du Temple, quartiers composés de républicains peu fortunes.
C’est pourquoi, citoyen ministre, nous sommes forcés d’avoir recours à vous pour obtenir cette somme de 3oo livres pour payer nos dettes, dont nous justifierons les quittances en bonne etdue forme. Salut et respect. Signé: Dupont, Ycrnou, Leroux, Soubeiran, Andrin, Le Prince, P. Eicon.
Il est probable que le Directoire (jl droit à cette supplique. De meme, quand les tbéopbilanthropes s’établirent à Notre-Dame, la plupart de leurs dépenses furent payées sur les fonds secrets. Le ministre Le Carlier leur fit verser une somme de 3oo francs par l’intermédiaire du citoyen Taine, commissaire du Directoire près la municipalité du IXe arrondissement. Taine convoqua les ouvriers et, en présence des administrateurs, fil lui-même les quittances des acomptes sur leurs mémoires, après les avoir au préalable contrôlés et réduits L Cette somme ne suffit pas, car les tbéopbilanthropes réclamèrent ensuite un nouveau secours de 925 francs, qui vraisemblablement leur fut accordé à titre d’indemnité1 2 3. C’est donc en vain que Chemin, dans son mémoire apologétique, invoque le peu de ressources des théophilanthropes, comme une circonstance tendant à prouver que leur culte « n’a pas été établi par l’autorité ni du gouvernement ni d’aucun de ses membres ;i ». Les faits démentent celle assertion fort peu théophilanthropique. En revanche, il 11’est pas démontré que le pouvoir ait été jusqu’à soudoyer des malheureux pour grossir le troupeau des fidèles aux olliccs du nouveau culte.
1. Ceci est dit en toutes lettres dans une pétition des administrateurs théophilanthropes du temple de l'Etre suprême (Notre-Dame) au ministre de l’intérieur, en date du i3 prairial an VII (Arch. nat.,
?.. Sur l’a\is du ministre de l’Intérieur, l’administration centrale de la Seine écrivit, le 6 floréal an Vit, à la municipalité du IVe arrondissement pour l’inviter à compter cette somme aux théophilanthropes, après avoir préalablement vérifié si elle ne dépassait pas les dépenses réelles (Arch. nat., F19 470). Les théophilanthropes demandèrent une indemnité pour avoir été chassés de Notre-Dame par le culte décadaire. Sur cet incident voir plus loin p. 545.