ES RÉSISTANCES. - LES CATHOLIQUES
pcront pas à l'histoire, qui placera leurs noms à côté de ceux des Néron et des Charles l\ ! Après avoir rappelé avec amertume les services rendus à la Révolution par le clergé constitutionnel, elle s’élevait contre la loi du i (j fructidor, qui mettait les pasteurs fidèles hors la loi, puisqu’elle autorisait leur déportation arbitraire. Elle énumérait longuement les vexations, dont les prêtres étaient victimes de la part des administrations, qui voulaient les forcer à transférer leurs cérémonies au décadi, et concluait tragiquement : « En envoyant ces monuments à 1 histoire cl à la postérité, il est bon d’avertir qu’ils datent non du temps de Robespierre, mais de l’an VI delà République. » Ayant ainsi dévoilé le projet, conçu « par certaines gens de détruire le catholicisme », les évêques réunis prescrivaient aux fidèles et aux prêtres les moyens de résistance : protestations cl pétitions aux pouvoirs publics, recours aux tribunaux, etc... Pour prévenir des défections et des faiblesses qu’ils redoutaient1, ils faisaient peur « aux lâches qui transigent ». « Il en sera d’eux un jour, disaientils, comme de ceux qu’on a voulu forcer à se marier, à se rétracter, etc..., ceux qui les avaient pressés lurent ensuite les premiers à les mépriser. » Ils terminaient enfin cette déclaration de guerre aux plans de La Réveliière par celle constatation méprisante : « Au surplus, depuis quatre ans, on a déjà inventé quatre ou cinq religions : le culte île la liaison, le culte de Marat, auxquels succédèrent les fêtes de Y Être suprême imaginées par Robespierre ; elles ont disparu pour faire place à la théophilanthropie et déjà on parle d’une invention nouvelle, le culte providenciel, tandis qu’un autre propose tout bonnement d’adorer le soleil ! »
i. Plusieurs curés constitutionnels avaient cédé aux menaces du pouvoir et transféré leurs offices au décadi : par exemple: les prêtres de Beauvais qui se constituèrent en chapitre (Ann. de la relig , t. IX, p. àph), par exemple aussi ce curé de La Lande (Yonne), Mariette, qui réunit ses ouailles, le 28 ventôse an VI, et les conduisit au cimetière, une pelle et une pioche sur l’épaule, creusa une fosse et mit dedans un écriteau avec ces mots : « Dimanche est mort, nous en célébrons les funérailles » (d’après Y Observateur de l'Yonne, n° du a5 germinal an VI).
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En allondanl la Huile de la théophilanlliropie et du culte décadaire, les conslilulionnels députés aux Conseils interpellaient le gouvernement et criaient à la violation de la liberté des cultes. Grégoire, aux Cinq-Cents, le a5 frimaire an VI, dénonçait les abus de pouvoir des administrations municipales et centrales. Son discours était répandu dans le public et les Annales de la religion1 le faisaient suivre d’une longue diatribe contre les théophilantliropes. « La théophilanlliropie est une de ces institutions dérisoires où l’on prétend remettre sous les yeux de Dieu ceux qu’on retire de sa présence en les éloignant du culte chrétien. Celui des théophilanthropes ne peut avoir d’autre effet que d’amuser pour un temps des oisifs, pour qui il faut quelque spectacle nouveau qui les délivre de l’ennui. Mais, comme il ne peut avoir ni I intérêt de la religion qui attache les hommes graves, ni l’attrait du plaisir qui séduit les hommes frivoles, il ne tardera pas à céder la place à quelque autre farce. Abhorré des chrétiens, il est méprisé des philosophes qui, ne croyant pas avoir besoin d’un culte pour eux, veulent qu’on laisse au peuple celui de ses pères2... » L’intervention de Grégoire, la campagne des Annules de la religion rendirent du cœur aux curés constitutionnels, qui s’enhardirent à refuser de célébrer le décadi3. Leurs chefs ne tardèrent pas à prendre l'offensive. Si on en croit une note, il est vrai suspecte, de IAÉcho des théophilantliropes 4, les évêques résidant à Paris auraient tenu « un concile secret » au début de pluviôse « pour aviser aux moyens d’empêcher la propagation de la théophilanlliropie. Chaque évêque se serait engagé à faire des prônes dans les églises en grand coslume el à prononcer des discours contre la philosophie. »
x. T. VI, n» 5.
2. Les théophilanthropes répondirent à ces véhémentes attaques dans L’Echo du 3o nivôse an VÎ (nu 34).
3. « Quelques-uns d’entre eux (des curés constitutionnels) se sont enhardis depuis le discours de Grégoire aux Cinq-Cents et continuent à célébrer les fêtes de la manière accoutumée, laissant rugir les lions municipaux. » Annales de la religion, t. VI, n° 5, sub finem.')