LA PRESSE
L’ Almanach violet pour l’an 1798* consacrait aux théophilanthropes un chapitre des plus malveillants, lous les ministres de la nouvelle secte étaient ou des membres des ci-devant comités révolutionnaires, ou des prêtres déserteurs de la religion catholique; les assistants, des figurants probablement payés. Puis venait une description satirique d'une cérémonie du nouveau culte : les lideles peu nombreux, appartenant au menu peuple, gardent leur chapeau sur la tête; une petite femme lies brune, coiffée d'un bonnet à dentelles d’un rouge éclatant, fait la quête précédée d'un bedeau. Un jeune homme fort maigre, blond, ayant les cheveux peignés et couverts de poudre, paraissant d’un caractère très ardent (probablement t.hapuis8) prononce un discours ridicule. « Nous croyons à l’immortalité de l'Ame, mais nous ne savons ni comment, ni combien de temps Dieu punit les méchants... »
Dans une épilrc en vers, que nous n’avons pas retrouvée, niais que nous connaissons par le compte rendu de l 'Écho1 2 3, des injures grossières étaient lancées contre la théophilanlhropie, que le poète traitait même de u salope ».
La presse. — Avant fructidor, cette polémique s’exprimait surtout parla voie de la presse. Maintenant la presse est muselée, les rédacteurs proscrits, les rares journaux qui subsistent sont dévoués au Directoire ou doivent le paraître. Les catholiques néanmoins conservent des amis dans ces feuilles soumises, car de temps en temps elles insèrent contre les théophilanlhropcs quelques petites notes tendancieuses, quitte à les démentir le lendemain. Ainsi, le Fanal du 2 frimaire lança celle fausse nouvelle que le Directoire avait fait fermer la veille Saint.-( lervais, au moment où les ihéophdanthropeS célébraient une fête funèbre en l’honneur de lloche. Les I anales politujues, le Journal du soir, le Postillon de Calais, le Messager