N° 28, 3o frimaire an
reproduisirent immédiatement la note du Fanal, mais la démentirent ensuite '.
La caricature. — C’étaient là de petits moyens. Pour combattre et ridiculiser leurs adversaires, les catholiques, comptaient davantage sur la caricature. Une petite estampe, non signée, représente « un sermon théophilanthrope1 2 3 » : une statue de la Liberté dans une niche, un crucifix voilé entre les bustes de Voltaire et de Rousseau ; l’orateur est en chaire, à ses pieds un groupe d’auditeurs, l’un dort, l’autre baille, un troisième conte fleurette à sa voisine, etc. . . Gettecbarge eut probablement du succès et d’autres encore, du même genre, qui ne nous sont pas parvenues.
La nouvelle religion prêtait trop à la satire pour qu’elle fût épargnée par la verve populaire. Un jour, à Sainte- Margueritte, les théophilanthropes trouvaient en arrivant des écriteaux à leur adresse. Sur l’un d’eux on lisait : Filoax en troupe. Prenez garde à vos mouchoirs 3. Le jeu de mots, filoux en troupe pour philanthropes, lit fortune. Une autre fois, des plaisants jouaient aux théophilanthropes le mauvais tour de placarder sur un de leurs temples une petite affiche avertissant les pauvres de l’arrondissement qu’ils n’avaient qu’à se présenter avec confiance au président du nouveau culte pour recevoir aussitôt un secours en numéraire4.
Les troubles. — La résistance des catholiques ne se borna pas à des pamphlets, des caricatures ou des plaisanteries. Pendant les premiers mois, qui suivirent fructidor, des troubles et même des désordres assez graves marquèrent les cérémonies des théophilanthrafpes. Dans la foule des curieux, qui se pressent aux nouveaux temples, il se glisse des perturbateurs, des femmes surtout et des enfants, qui égaient les assistants par de bons mots, et, après les avoir mis en gaieté, couvrent du bruit des con-