Voir plus faut, p. io5, note i
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île prêtres, nous ne voulons point d'intermédiaires entre nous ,çl la divinité. — -Orateur, soit. Mais ça lait plaisir à voir cette invention... Comment appelez-vous ça? — Dalmaliquc. — Dalmatique oui, ça ressemble au grand prêtre Melchissédecb. . . » Et le dialogue se poursuit sur ce ton. A la fin, le patriote, agacé des éloges malencontreux, que l’ex-catholique adresse à la nouvelle liturgie, qui ressemble tant à l’ancienne, le patriote se lâche, et dit ce qu’il a sur le coeur: « Ce qui vous réjouit la vue, papa Férule, est précisément ce qui choque la mienne. Un vêtement extraordinaire n’ajoute rien à la morale. Ce n’est point l’homme que j’écoute, ce sont les préceptes qu il débite. — Vous avez beau dire! Un habit, ça en impose! — Aux sots... D’ailleurs je songe à l’avenir. C’est petit à petit que vos prêtres sont parvenus au pouvoir inoui qu’ils avaient usurpé. Paulalim. Craignons qu’une secte, quelle qu’elle soit, ne cherche à s’élever de même. Les orateurs sont temporaires, empêchons qu’ils ne deviennent perpétuels1... Que dans un temple, chacun tour à tour endosse la robe banale et s’imagine vous jeter de la poudre aux yeux, cela tient à la mascarade, et nous avons sagement proscrit le carnaval. Le père de famille avec son habit simple, me fera plus de sensation qu’affubjé de la jaquette décadaire, qui donnera quelque chose d’emprunté à son maintien et lui ôtera la bonhomie qui me plaisait sur sa figure. » Et la conclusion venait, empreinte de tristesse et d’amertume : « Voisin, il faut des hochets — aux enfants. — Et que sommes-nous? — Des hommes ? — Dieu le veuille ! »
Ainsi pour beaucoup de patriotes, « philosophes », la théophilanthropie ressemblait encore trop au catholicisme et aux autres religions positives. C’était sans enthousiasme qu’ils se rendaient à ses cérémonies, pour accomplir en quelque sorte un devoir civique. Ce qui leur plaisait dans le nouveau culte, c’était moins la partie positive, les
i. Avant fructidor La Décade avait déjà exprimé des craintes analogues. Voir plus haut.
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dogmês, l’organisation, etc., que la partie négative, l’absence des « superstitions », qu ils condamnaient dans la religion ancienne. Chemin avait voulu fonder son église sur le sentiment religieux, et ce sentiment manquait au cœur d’une foule de ses disciples, de tous ceux qui se rendaient compte que tout culte n’est qu’un ensemble de « hochets », par lesquels on se flatte de conduire ces grands enfants qui se croient des hommes.
Aussi n’est-il pas étonnant que le fondateur de la théophilanthropie ail rangé plus tard parmi les causes de l’échec de sa tentative la froideur et l’hostilité des philosophes : « Beaucoup de ceux, écrit il plus tard1, qui par philosophie s’éloignaient des sectes religieuses, n’ont pas cru devoir prendre plus de part au culte pratique de la religion naturelle. A la suite des désastres produits par la superstition, il s’est répandu depuis quelques années en France et surtout à Paris une opinion (que je regarde comme une erreur) que le culte est une institution auJmoins inutile. Celle idée a écarté beaucoup d hommes, que la philosophie compte au nombre de ' ses disciples, d’un culte que les philosophes les plus célèbres ont cependant appelé de leurs vœux. »