ENVIRONS DE PARIS
catholique constitutionnel. Grégoire, qui a tant crié contre la persécution des prêtres « patriotes » sous le Directoire, le reconnaît lui-même dans son journal 1 * : « Dans une multitude de lettres sur cet objet, lit-on dans un article intitulé Encore an mot sur la translation du dimanche au décadi , on voit que si parmi les agents des communes et les commissaires plusieurs ont persécuté, la plupart ont très bien connu les vrais principes de la liberté des cultes... » et le même numéro félicite les autorités de Besançon de la protection constante qu’elles ont accordée aux constitutionnels. En l’an II, au contraire, sous l’énergique pression des représentants en mission, bien peu nombreuses furent les autorités locales, qui osèrent s’opposer à l'établissement des cultes de la Raison et de l’Etre suprême.
Environs de paris. — - Dans les environs de Paris, la théophilanthropie se propagea d’ordinaire par les soins du Comité central parisien.
\ Sacy-sar-Marne â, le 25 nivôse, à Épinay-sur-Ünje le 3o frimaire, la séance d’inauguration fut présidée par un ou plusieurs lecteurs venus de Paris3 4. De Paris venaient aussi les tableaux cl pancartes sur lesquels étaient imprimées les inscriptions morales destinées à orner le temple1.
Sacy-sar-Marne. — A Sucy-sur-Marne, l’installation du culte ne souleva pas de grandes difficultés et on crai-
i. [anales de la religion, l Vit, n° 3 (i i prairial an VI).
a. Aujourd’hui' Sucy-en- Brie.
3. Voir le compte rendu de l’inauguration dans L’Echo des io et a5 nivôse an VI.
4. Un « avis aux républicains » inséré à la suite d une petite brochure Relation (le ce qui s’est passé dans plusieurs villages entre les catholiques et les théophilanthropes, in-8 (Bib. nat., Ld188 ao) nous apprend qu’on trouvait chez le citoyen Prévost, rue de la Harpe, n° i5o et chez les colporteurs « le tableau tics maximes de la religion naturelle <]ue professent les théophilanthropes. Gel ouvrage est à la portée du peuple et, pour ne gêner personne, on peut se le procurer pour deux sous la pièce en noir cl trois sous enluminé ».
gnait pourtant, écrit L'Eclio des Théophilanthropes1 2 , que « M. ldénézech qu’on regarde comme le seigneur du village, cessât de donner du travail aux habitants qui suivraient le culte des théophilanthropes, ainsi que le lui avait conseillé son confesseur. On se rappelait aussi que M. Piis3 n’avait consenti à rendre le pain bénit qu’aux conditions que les bons habitants de Sucy ne se mêleraient point de théophilanthropie... » Mais toutes ces craintes furent vaines, le culte s’exerça sans encombre.
Epinay. — Il n’en fut pas de même à Kpinay . Des malveillants dénoncèrent comme terroristes les signataires de la pétition adressée par les théophilanthropes aux autorités pour obtenir l’église, et les accusèrent de former un rassemblement séditieux. « Un jeune homme, qui devait peindre les inscriptions morales des théophilanthropes, dut y renoncer pour pouvoir serrer les nœuds de l’hymen. » Mais en dépit de tous les obstacles, le culte fut quand même organisé. Le 3o frimaire, « le temple fut presque plein. Line corbeilledebranches d’if et de pin, entremêlées d’immortelles et surmontées d’un faisceau d’épis, toutes productions analogues à la saison, ornait un autel simple en forme de demi-colonne et entouré d’une guirlande de feuilles de lierre... » Les chants théophilanlhropiques furent entonnés par les fidèles et soutenus du serpent. Dans son discours, le lecteur défendit ses coreligionnaires du reproche de terrorisme. « 11 y a parmi eux, s’écria- t-il, des victimes intéressantes de la Terreur et des hommes qui s’honorent d’avoir arraché aux prisons et à l’échafaud plusieurs de leurs concitoyens poursuivis par l’esprit départi...4 5»
Chwsy-sur-Seine . — À Choisy-sur-Seine% des troubles sérieux se produisirent entre catholiques et théophilan-