‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 212 sur 519 · Histoire des Sectes, I, p. 4i · texte numérisé non relu

Histoire des Sectes, I, p. 4i

3 lO LE LENDEMAIN DE ERUCTIDOR DANS LES DÉPARTEMENTS

hommes de cabinet à une époque de lassitude et de découragement, n’eût ni le même éclat ni la même popularité. Grégoire exagère quand il écrit: «Il est peu de villes où quelque champion des fêtes de la liaison et de l’Etre suprême n’ait proposé d’établir la théophilanthropie... Au cours de deux voyages d’archives dans le ' Centre et dans l’Est de la France, je n’ai retrouvé trace de la théophilanthropiè que dans quelques villes importantes, où les patriotes étaient en nombre. En tout cas, si dans beaucoup d’autres villes, connue ledit Grégoire, on a proposé d’établir ce culte, la propositionne lut pas souvent suivie "d’effet.

Les théophilanthropes et les autorités. — Malgré l’appui du Directoire, les théophilanthropes se heurtèrent plus d’une lois au mauvais vouloir des autorités. Le pouvoir central était alors très mal obéi. Les ordres venus de Paris se transmettaient lentement et les fonctionnaires nommés ou élus avaient gardé des habitudes de l’ancien régime une réelle indépendance, sans compter que beaucoup n’avaient pas recherché leurs fonctions, qui les vouaient à une impopularité presque certaine. C’est ainsi qu’en frimaire an VI, le commissaire central de l’Aube, se plaignant au ministre de l’intérieur de l’inaction de la plupart des fonctionnaires, s’avoue désarmé et ajoute mélancoliquement: « Pour la plupart des fonctionnaires, la destitution est un service qu’on leur rend2. » Aussi ne faut-il pas s’étonner si, en dépit des instructions gouvernementales, plus d une administration centrale ou municipale, même de celles qui furent épurées au i S fructidor, se soit montrée hostile aux cercles constitutionnels et à la théophilanthropie. Dans l’Aude, le Doubs, la Gironde, les Landes, le Loir-et-Cher, le Puy-de-Dôme, la Haute- Saône, la Seine-Inférieure et dans beaucoup d’autres départements, les autorités continuèrent à protéger le culte

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