NIÈVRE
lions poétiques insérées dans V Expose de la cérémonie d'ouverture' .
En l’an VIT, avec les revers de la deuxième coalition et surtout après le 18 brumaire, la ferveur des fidèles baissa. Le comité dut rappeler les pères de famille à leurs devoirs, les engager à faire les fonctions d’orateurs et à payer leurs cotisations. Le culte cependant continua à être célébré jusqu’au 3o thermidor an VIII.
Nièvre. — Il était naturel que la théophilanthropie lut représentée au pays de Chaumette. Rien pourtant dans les archives départementales de la Nièvre n’en garde la trace. On sait seulement par Grégoire'2 qu’il y eut à Clamecy une société théophilanthropique qui ne dura que quelques mois, paraît-il, et par M. P. Meunier qu’il y eut une société à Nevers mais qu’on 11e prit pas au sérieux ".
1. L’exposé renferme, i° Une Première invocation à l’Etre suprême.
Pcre de l’Univers, adorable unité.
Qui des lieux et des temps précédas l’existence ;
Toi, dont l’astre du jour atteste la puissance,
Et le cours des saisons révèle la bonté !
Lorsque de tes bienfaits l’homme reçut la vie,
En lui donnant un cœur tu fondas ton autel.
Aimez votre semblable, adorez l’Eternel,
Voilà ce qu’en tous lieux la nature publie ;
Notre culte est lidèle à cette loi chérie ;
Nous t’en offrons, grand Dieu ! le serment solennel.
A sa simplicité distingue notre hommage :
Bien n'est digne à nos yeux de te servir d’image.
2° Un Hymne dont voici les deux dernières strophes :
Au malheureux, à l’indigent Prêtons une main secourable.
Dieu n’a fait qu’un commandement :
Celui d’aimer notre semblable.
Obéir à sa volonté
De notre bonheur est le gage
La tolérance et la bonté
Sont les premiers trésors du sage
3° Une Invocation à l'Etre suprême pour la prospérité de la République , qui se termine ainsi :
Que l’Europe bientôt, jalouse de la France,
Soupire après la liberté,
Pour le bonheur commun propage notre exemple ;
Instruit par nos trop longs excès,
Que le monde affranchi devienne un vaste temple Où l'on célèbre tes bienfaits.
». Histoire des Sectes , 1, p.
3. Paul M eunier, La Nièvre pendant la Convention, II, p. 463, Nevers, 1S9S, in 8. L’auteur dit tenir le renseignement des souvenirs d’un vieillard de Nevers.
Loir-et-Cher. — Si on en croyait un entrefilet du Journal des hommes libres *, le cercle constitutionnel de 7 Vois aurait essayé de fonder une société théophilanthropique. Grégoire n’en dit rien et mes recherches aux archives départementales du Loir-et-Cher ne m’ont pas permis de déterminer si ce projet reçut un commencement d’exécution.
Vienne. — A Poitiers, les théophilanthropes eurent à lutter contre le mauvais vouloir tenace des autorités.
Immédiatement après le coup d’Etat de fructidor, les patriotes de la Vienne avaient fondé des cercles- constitutionnels.
Bernazais et Planier. — Celui de Poitiers avait pour chefs deux républicains ardents, qui avaient gouverné la ville en l’an II, Bernazais et Planier, l’un et l’autre considérés comme très intelligents par leurs adversaires politiques .
Bernazais, ancien secrétaire général du département sous la Terreur, aurait été « un homme de grands talents », si on en croit le commissaire central du Directoire qui nous le représente sous les plus noires couleurs1 2 3. Planier, ancien prêtre, avait été l’âme de la société populaire en l’an IL 11 aurait eu « beaucoup d’esprit, une grande instruction, des manières insinuantes » lit-on dans un mémoire rédigé par un de ses ennemis à l’adresse du Directoire h L’auteur du mémoire confesse que Planier était si habile que « quelque lieu qu’il aille, il avait des partisans ».
Aussitôt la nouvelle du coup d’Etat reçue à Poitiers, Bernazais avait harangué les citoyens dans l’église Saint- Pierre à la sortie des vêpres du dimanche et les avait engagés à former un cercle constitutionnel4. En même temps, Planier rédigeait la déclaration nécessaire et la fai-