Grégoire, Histoire des Sectes, I. p
Mathiez.
Pendant les premiers temps le culte fut très suivi. Les mariages et les baptêmes théophilanthropiques furent nombreux1. De Bourges, la théophilanthropiè se répandit peu à peu dans les cantons environnants, et Malfuson se félicite de ces résultats dans ses comptes au ministre de la police 2, et il espère que bientôt le fanatisme sera extirpé.
Pendant cette période brillante de leur histoire, les théophilanthropes de Bourges se laissent aller à l'inspiration poétique. Pas plus qu’ils n’ont copié les règlements de leurs confrères de Paris, ils ne se condamnent à répéter servilement leurs chants. Malfuson est poète à ses heures et son ami J. -B. Baland met ses vers en musique.
Voici un chant qu’il composa pour la fête de la République (ier vendémiaire).
Grand Dieu, protège tes enfants ;
Du sein de la lumière Ecoute leur prière,
Les vents te portent leurs accents,
Grand Dieu ! tu nous a vus gémir dans l’esclavage, Les despotes rivaient nos fers,
Nous avais-tu créés pour souffrir cet outrage,
Nous, souverains de l’univers !
Solo Ariette.
Le prestige a cessé, l’éternelle justice Dans l’abîme des ans préparait leur supplice.
J’ai vu de leur grandeur les débris dispersés,
Pareils au pin des monts, ils bravaient les orages, Leur front audacieux déchirait les nuages.
Le peuple d’un seul mot les a tous renversés.
Chœur.
Le peuple d’un seul mot les a tous renversés 3. »
Malfuson est probablement aussi l’auteur des produc-
1. Par exemple, le io floréal an VI, le lecteur baptisait à la fois un enfant protestant et un enfant catholique, — le 3o lloréal an ^ I il baptisa l’enfant de Singer, ex-capucin, — le 20 ventôse an VI, Ileurtaut-Lamerville unit l’instituteur Tissot et son épouse.