Scioul, Directoire, IV, p. 3i
456 CULTE DÉCADAIRE ET TIlÉOPUIL VNTUROPtE
de la Seine proposait des moyens pins énergiques Il conseillait d’envoyer des « agents adroits se confesser » aux prêtres et de déporter tous ceux qui, dans le secret de la confession, prêcheraient une doctrine contraire aux lois. Les constitutionnels pour lui ne valaient guère mieux que les réfractaires. « On ne peut pas espérer d’en faire jamais des républicains, ils seront toujours prêtres et le meilleur prêtre ne vaut rien. » Si on veut que le décadi soit chômé et fêté, il faut que les prêtres en donnent l’exemple, « c’est une condition qu’il serait juste d’attacher à la concession des édifices nationaux pour l’exercice du culte ». Autrement dit, il fallait enlever les églises à tous les prêtres qui ne transféreraient pas leur grand’messe au décadi.
Dupin conseillait aussi de « défendre dans toutes les écoles, pensionnats, maisons d’éducation, l’usage des livres d’aucune religion » : « Les parents, disait-il, enseigneront chez eux leur culte à leurs enfants, s’ils le jugent à propos. Sans cette mesure qui me paraît indispensable, les prêtres s’empareront de nos enfants sous l’habit d’instituteur, et la génération naissante, pervertie, corrompue dès le berceau, détruira la République. » Pour écarter le danger, il ne proposait pas moins que de faire voter une loi « qui ordonnerait à tout instituteur d’être marié ». Pour rendre le calendrier républicain populaire, il conseillait de donner cà chaque jour de l’année le nom d’un républicain célèbre, d’un bienfaiteur de l’humanité. « Cette idée, disait il , n’avait pas échappé à laConvention nationale lorsqu’elle décréta notre annuaire. A la légende mystique, elle avait substitué une nomenclature intéressante, puisée dans les productions les plus utiles de la nature et des arts ; mais un citoyen n’aime pas plus porter devant son nom celui de carotte, choux, artichaut, que celui de Pancrace, Marc, Boch, Luc, Ouin, Gloud, etc... Les noms des Calons, des Cicérons, des Mulius, des Horaces, îles Aristides, des Socrates, des Franklins, des Mirabeau, des Hocbe, des
T. Dans un compte au ministre de la police générale de prairial an VI (Anlard, Esprit public, IV, p. 728 et suiv.).