‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 307 sur 519 · Pays annexés : Bruxelles, Mayence, etc · texte numérisé non relu

Pays annexés : Bruxelles, Mayence, etc

11. Insuccès du culte décadaire. — Illusions persistantes du gouvernement. — Erapjrois de Neufchàteau et les fêtes communales. — Jugement sur le culte décadaire. Erreur du Directoire. — Jugement surla théophilanthropie.

PARIS. - LES FÊTES NATIONALES /|6l

12. Hccul de la théopliilanthropie en l’an "VII. — La société parisienne. — En apparence, les tliéophilànthropes font bon accueil au culte décadaire. — Nouvelle évolution philosophique de l’église déiste. — Deuxième anniversaire de la théopliilanthropie. — Ilaüy et Jacqucmont. — Chemin et François de Neufchâteau. — Fête théophilanlhropique en l’honneur des plénipotentiaires assassinés Rasladt.

13. Défiances du pouvoir. — Conflits entre les municipalités et les théophilanthropes à Notre-Dame, à Saint-Merri. — Suspicions de Reubeïl. — L’incendie du temple de la A icloire. — Les théophilanthropes surveillés aux approches du 3o prairial.

14. Départements. — ^Confusion fréquente de la théophilanthropie et du culte décadaire. — Mésintelligences entre les deux cultes philosophiques. — Conclusion.

Une étude complète du culte décadaire dans toute la France excéderait les limites de cet ouvrage. Je me bornerai à en donner une esquisse rapide, d’après des travaux imprimés et d’après quelques pièces d’archives.

Paris. — Fêtes nationales. — A Paris, où les programmes de François de Neufchâteau furent appliqués à la lellre, les fêtes nationales célébrées en grandé pompe obtinrent, semble-t il, un réel succès. Lesrapportsde police, les journaux constatent que le public, attiré ce jour-là au Champ de Mars, était considérable. A la fête du icr vendémiaire an VU, par exemple, les spectateurs étaient si nombreux, écrit le Rédacteur, que « jamais depuis la célébration du i4 juillet 1790, on n’avait mi aux fêtes publiques un concours aussi immense de citoyens de tout âge et de tout sexe1. » Mais, ce que. le Rédacteur ne dit pas, c’est que très différents étaient les sentiments de la foule en l’an VII et en 1790 ! Ce qu’elle avait éprouvé en se pressant autour de l’autel de la Patrie, le jour de la Fédération, c’était comme une émotion mystique cl reli-

1. D’après un rapport du Bureau central, la fêle du i4 juillet 1798 oui très grand succès. Plus de trois cent mille personnes y assistèrent. Pour les autres fêtes nationales, consulter Aulard.

gieuse, l’espoir enthousiaste que la régénération commençait et que le bonheur terrestre allait s’accomplir. En l’an Vil, le sentiment qui domine c’est la curiosité, le patriotisme est passé tout à fait à barrière plan. Les Parisiens sont venus au Champ de Mars pour se distraire ; ce qui les intéresse, c’est le cortège; les chars, les banderollcs, les beaux uniformes, les courses, le spectacle en un mot. Le jour de la fête de la Liberté (9 thermidor an YI), de tout le cortège, ce sont les ours de Berne qui recueillent leurs suffrages h Le icr vendémiaire, ils expriment un regret, c’est qu'il n’ait pas figuré au programme ces évolutions militaires qu’ils aiment tant1 2 3. Bref, ils n’assistent aux fêtes nationales que pour le coup d’œil, et le Directoire s’est lourdement trompé, en s’imaginant que, pour rallumer dans l’âme des Français la flamme patriotique des premiers temps de la Révolution, il suffirait de discours, de cavalcades et de manifestations théâtrales. Ce qui manqua le plus au culte décadaire, ce fut précisément la foi républicaine, cette foi si vive en l’an IL

Les réunions décadaires. — Si les fêtes nationales furent impuissantes à « ranimer l’esprit public » comme on disait alors, à plus forte raison les réunions décadaires. Du moins celles-là étaient très suivies, celles-ci n’eurent d’ordinaire que des auditeurs clairsemés. La faute n’en fut pourtant pas aux autorités, qui mirent en général à les faire vivre une opiniâtreté digne d’un meilleur sort.

L'administration centrale et le culte décadaire. — Par un arrêté du deuxième jour complémentaire an YI, l’administration centrale de la Seine organisa le culte décadaire dans sa circonscription \ Douze églises étaient

1. Journal du soir, des frères Chaigneau, du 11 thermidor; dans Aulard, V, p. 6.

2. Rapport mensuel du commissaire central Dupin pour le mois de fructidor an VI (Aulard, V, p. ç)5).

3. On trouve cet arrêté dans le Journal des Débals et Lois du corps législatif, vendémiaire an VII, p. 1 1 8 et suiv. (Bib. nat., Le'2 i48A), ou dans les Annales de la religion, t. VII, n° i i, p. 3p8). — Il porte les signatures suivantes : Joubert, Sauzay, Picard, Tréviiliers, Gastrez, administrateurs; Dupin, commissaire du Directoire; Houdeyer, secrétaire en chef.

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