‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 323 sur 519 · AISNE · texte numérisé non relu

AISNE

connus 1 ». En germinal an VI pourtant, à l’approche des élections, la situation s’améliora. « L’esprit public s’est réveillé» écrit le commissaire central 2. Les diverses administrations, centrales et municipales, ne négligeaient rien d’ailleurs pour le maintenir en activité. Elles firent aux prêtres une guerre de tous les instants. Dans plusieurs communes, les églises furent fermées sous des prétextes variés, et le culte aboli en fait. À Soissons, l’administration centrale prononça la fermeture « provisoire » de l’unique église laissée aux catholiques, « parce que le local était devenu le foyer d’un rassemblement de fanatiques royaux et religieux, où des individus se donnaient la dénomination inconstitutionnelle d’administrateurs temporels de l’église Catholique... etc.3 » La mesure fut probablement provoquée par le commissaire du canton, le citoyen Plocq, dont le commissaire central faisait le plus grand éloge au ministre4 5.

Fermeture des églises. — Le 28 pluviôse an ô II, à la Ferté-Milon, un arrêté de la municipalité ordonna la fermeture de l’église, tous les jours autres que les décadis et fêtes nationales3. Au cas où les autres prêtres du canton refuseraient de « transférer exclusivement aux décadis et fêtes nationales » leurs cérémonies religieuses, la même mesure devait s’appliquer à leurs églises. L’administration centrale applaudit à l’ingénieux arrêté de la municipalité delà Ferté-Milon et le trouva si bon qu’elle se l’appropria. Le 2/1 messidor an ) 11, elle décréta la fermeture de toutes les églises sauf les décadis et fêtes nationales. Beaucoup d’entre elles furent fermées complètement même le décadi, sous prétexte qu’elles n’avaient pas été réparées, comme

1. Compte du commissaire central au ministre de l’intérieur, en date du 18 ventôse an VI (Archives de l'Aisne)'.

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