Histoire des Sectes, 1, p
ü. Histoire des Sectes, I, p. 320. L’évêque Maudru fut assez mal récompensé de sa demi-soumission. Il fut traduit devant le tribunal criminel pour différents prétextes, notamment pour avoir distribué « un écrit dont tout ou partie était annoncé comme émané d'un mi-
donné fit une tournée patriotique dans les «cantons pour ranimer l’esprit public. Ses efforts, si on l’en croit1, ne furent pas perdus. Même pendant la crise de l’an VII, la grande majorité des habitants restait fortement prononcée dans le sens de la Révolution. Il régnait une tranquillité profonde. Les conscrits rejoignaient, à de très rares exceptions. Les lois sur le calendrier républicain, sur la fixation des foires et marchés étaient « scrupuleusement observées ». Les réunions décadaires se tenaient régulièrement, mais n’attiraient toutefois qu’un public restreint.
Haute-Saône. — Dans la Haute-Saône, au contraire, les autorités, qui protégeaient les prêtres constitutionnels, mirent une grande tiédeur à célébrer les décadis. Les Annales de la religion font l’éloge du commissaire central Balivet, « parfait honnête homme et l’ami de tout ce qui pense bien ». Le commissaire cantonal de Vesoul pensait sans doute mieux encore, puisqu’il se rendait tout exprès ait synode diocésain des constitutionnels pour les féliciter de leur conduite et de leurs sentiments républicains2.
Doubs. — • Les administrateurs du Doubs étaient d’un tout autre républicanisme. Au lendemain même du 18 fructidor, ils rétablissaient les réunions décadaires, près d’un an avant le vote de la loi. Grâce à l’activité du commissaire cantonal, l’ex-prêtre Chazerand, qui avait le
nistre du culte non résidant en France » (probablement le bref du pape de juillet 1796). Condamné à cent livres d’amende et six mois d’emprisonnement, Maudru fit appel. Certains fonctionnaires intercédèrent en sa faveur et représentèrent au Directoire que cette condamnation avait comblé de joie les réfractaires et les royalistes. François de Neufchàteau assura que Maudru, qu'il connaissait, était attaché à la République, et émit l'avis qu’on laissât tomber l’affaire. Maudru se désista de son appel, et le Directoire ne fit pas exécuter la condamnation. (Sur cette affaire, voir aux Arch. nat., AF1H 5a3 un rapport du ministre de la justice Lambrechts en date du 26 floréal an VI, et F10 48 14 une correspondance échangée entre le ministre de la police Duval et François de Neufchâteau en ventôse an VII).
1 « Compte rendu en exécution de la circulaire du 19 messidor
sur la situation du département des Vosges sous le rapport de l’esprit public » (adressé au ministre delà police, d’Epinal le 21 thermidor an VII. Arch nat , F” 7548).