Annales de la religmn, t. VII, n
RÉGION DE L’EST. - DOUBS 4ç)5
goût des cérémonies, et au concours des bourgeois éclairés de la ville1, le culte décadaire eut à Besançon un éclat particulier2. Le temple, une des salles de l’Hotel de Ville, fut inauguré, le io vendémiaire an VI. Il était orné, à la manière des temples fhéôphilanthropiques, d'inscriptions morales sur le devoir des parents à l’égard des enfants, sur la douceur de l’hymen3, etc., et aussi d’une statue de la Liberté4. Dans le petit jardin du Champ de Mars, la municipalité avait fait transporter un autel de marbre, enlevé à une église désaffectée, et graver ces mots sur le socle : « Aux citoyens morts pour défendre notre liberté. » A chaque séance, des artistes du lycée et de l’Opéra, des amateurs exécutaient des pièces de musique ou des hymnes patriotiques. Mécontents du succès des décades, les catholiques excitèrent les ouvriers à troubler les cérémonies, mais en vain. Les fêtes nationales, célébrées avec la même pompe et presque avec le même cérémonial qu’en l’an II, attiraient une foule considérable, curieuse et sympathique. « La fête de la République (ier vendémiaire an \ II), écrivait au ministre de l’intérieur le commissaire central Quirot, a offert un spectacle vraiment beau et a rappelé les plus beaux jours de la Révolution. » Dans le cortège avait figuré, ce jour-là, un groupe de militaires blessés, précédés d’ « un groupe charmant de jeunes citoyennes, vêtues de blanc et ornées de guirlandes et de rubans tricolores. » On se rendit à Chamarsprès de l’autel de la patrie, où le professeur Ordinaire prononça l’éloge des philosophes du xmuc siècle. A la fête funéraire de I loche, célébrée à l’église Saint-Pierre, J. Dm/., chargé de l’éloge funèbre, s’étendit longuement sur le combat de Quiberon. A la fête du 21 janvier, le
1. Entre autres, le futur académicien Joseph I)roz, alors professeur à l'Ecole centrale, le père du poêle Charles Nodier, le président du département, le régicide Vernercy, le commissaire central Quirot. le professeur Ordinaire, le député Briot, futur recteur, Costc, bibliothécaire à l'École centrale, etc.
2. Ces détails et ceux qui suivent sont empruntés à Sauzay, Hist. de la persécution révolutionnaire dans le Doubs. i8Gg et suiv., t. X.