Arch. nat., F1 Cm Aube
002 CULTE DÉCADAIRE ET THÉOPII 1 LANTIIROPIE
J’ai assisté aujourd’hui à quinze mariages. Je me croyais au milieu d’une halle... »
Sans doute, la situation s’améliora dans les mois suivants. Dans son compte de nivôse an Ail, le même commissaire notait que les l'êtes nationales et les réunions décadaires offraient alors « un aspect plus religieux et s’observaient avec plus de décence et de dignité », que « l’assistance était plus grande, les instituteurs et les élèves plus assidus ». Mais l’amélioration ne persista pas. Après les désastres de la seconde coalition, les fêtes religieuses redevenaient plus fréquentées, au détriment des fêles civiques. Si celles-ci s’observaient assez régulièrement dans les communes populeuses, elles n’avaient dans les cantons ruraux que les seuls fonctionnaires pour tout public1.
\ Troyes, les professeurs de l’Ecole centrale furent mis en réquisition pour le service décadaire, et le Journal de l'Ecole centrale publia les élucubrations poétiques qu’ils composaient pour les principales fêtes nationales2 3.
Marne. — L’administration centrale de la Marne, si on en croit les Annales de la Religion"', aurait été très hostile aux constitutionnels. Elle mit tout son zèle en faveur des institutions républicaines, mais ne crut pas devoir imiter l’exemple de l’administration centrale de l’Aisne, qui avait fermé les églises les jours autres que le décadi. Elle se borna à inviter les prêtres à célébrer les fêtes de la République, et à exiger le serment du i g fructidor des maîtres d’école, chantres, sacristains et autres, qui, dans les cantons privés de prêtres, réunissaient les fidèles dans les églises pour chanter des « messes aveugles4 ». Elle fit imprimer
1. Comptes de thermidor et fructidor an VII (Arch. nat., même dossier)
2. Par exemple : le numéro du 9 pluviôse an A 11 du Journal de l'Ecole centrale et de la société d’agriculture du département île l'Aube renferme un hymne à l’Etre suprême sur l'air de la Marseillaise, composé par le citoyen Lagrange, professeur de langues anciennes, pour la fête du 2 pluviôse an Vil (Arch. nat., F17AI2,|3).