‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 339 sur 519 · RÉGION DE L’EST. - YONNE ÔOO · texte numérisé non relu

RÉGION DE L’EST. - YONNE ÔOO

divers manuels civiques : un Catéchisme de la Constitution, un Recueil de traits de patriotisme propres à inspirer aux jeunes gens /amour de la patrie, un Alphabet républicain, une Morale des bonnes gens oisi Evangile républicain à l’usage îles écoles primaires1, mais ses efforts lurent assez inutiles. Le culte décadaire n’eut une ombre de vie que dans les villes, comme à Châlons. Dans les campagnes, il n’eut pour ainsi dire pas d’existence. Dans plusieurs cantons, les agents municipaux avaient refusé de publier la loi du 17 thermidor’*. Dans d’autres ils s’abstenaient même de se rendre au temple le décadi. C’est ainsi que, le 10 germinal an VII, le commissaire cantonal de Sainl-Ouen écrivait au commissaire central ce billet d’une mélancolie comique:

« Citoyen, O temporal O Mores!

Malgré mes réquisitions, malgré mes représentations, malgré tout en un mot, la loi n’est qu’un songe, la liberté qu’un nom, inappréciéde tous les hommes ; les fonctionnaires memes sont d’une insouciance qui est à son comble. Aujourd hui 10, fête do la Jeunesse, je me trouve seul, isolé et vis-à-vis de moi-même à contempler les parois de la salle des séances de l’assemblée de l’administration ; un seul agent s est présenté à sept heures du matin pour savoir ce que I on ferait et, lorsqu'il a vu que personne ne se présentait, s’est retiré. M agents, ni gardes nationaux, ni hommes, ni enfants ne se sont présentés3... »

Yonne. — Dans IDonne, au contraire, le culte décadaire lut célébré avec une grande ferveur et les autorités furent secondées dans leur zèle par une bonne partie de la population.

L’administration centrale prit à tâche de déchristianiser le département ; des proclamations nombreuses réfutaient

tous les laïques qui dirigeraient ces cérémonies (Voir Sciout, Directoire, lit, p. 17.1).

î. Tous ces ouvrages sont signales dans une Histoiredç I imprimerie à Chdlons-sur Marne, par Amcdée Lhote, 1 89 '1 , in S.

2. Le fait est reconnu dans le préambule d’un arrêté de 1 administration centrale, en date du 2/1 fructidor anVI(Arch. nat., F*C* $7)-

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