VIENNE
au VI, le commissaire central, Malfuson, écrit au ministre de l’intérieur que « grâce au civisme et à l’énergie de ses collègues1, la décade est observée dans la très grande majorité des cantons et que les habitants des campagnes se divertissent ces jours-là comme les ci-devant fêtes et dimanches2 ». A l’en croire, la grande majorité des prêtres auraient transféré leurs messes au décadi. Les fêtes nationales étaient célébrées avec pompe, « jusque dans les plus petits cantons ». Les lois étaient parfaitement exécutées. On ne voyait plus de croix ni aucun autre signe extérieur des cultes. « L’air n’était plus déchiré par le son lugubre des cloches3. » Mais, en floréal an VII, avec les revers de la seconde coalition, réapparaissaient les résistances. On affectait de nouveau de chômer les dimanches. Les jardiniers de Bourges se coalisaient pour travailler lejour de la fêle des Epoux. Dans plusieurs cantons, les signes de la liberté étaient insultés, mutilés, renversés. Les fanatiques répandaient le bruit que la colère de Dieu avait fait geler la moitié des blés et que la lin du monde approchait. Et le culte décadaire subissait une éclipse4.
Vienne. — Dans la Vienne, le culte décadaire ne fut célébré avec quelque régularité que dans les villes et surtout au chef-lieu. Dès le : il\ brumaire an VI, l’administration centrale rétablissait les réunions décadaires dans la chapelle du collège. La séance s’ouvrait par des hymnes patriotiques. On donnait l’analyse des nouvelles politiques, on commentait les principales lois et enfin on discourait sur la morale républicaine. Dans l’intervalle des lectures et des discours, on entonnait des chants civi-
1. Les Annales de la Religion appréciaient ainsi cette énergie : « Bourges. Si on ne rêve que signes religieux pour les brûler, que prêtres pour les tourmenter, que fûtes chrétiennes pour incarcérer ceux qui s’ y livrent, l’intolérance et le fanatisme sont à leur comble... » (t. Nil, n" 7, p. 1 92).