ARMER
relèvera jamais. » Les deux meilleurs tireurs, Talbot perruquier et Molle coutellier, « accompagnés de leurs compétiteurs et d’un détachement de la garde nationale coururent au pas de charge vers la cible, brisèrent et foulèrent aux pieds la couronne royale et la remplacèrent par l’image de la Liberté aux applaudissements de l’assistance. » Unç course à pied suivit. D’un côté le but était un drapeau tricolore, de l’autre une fleur de lys. Les vainqueurs mirent en pièces la fleur de lys et la remplacèrent par un niveau, signe de Légalité.
/\ la fête du 9 thermidor, les réactionnaires se montrèrent en foule et l’assistance fut beaucoup plus nombreuse qu’à l’ordinaire.
A la fête de la Vieillesse, les élèves de l’Ecole centrale et des écoles primaires se rendirent le matin au domicile de deux vieillards et de deux vieilles femmes, afin d’orner leurs maisons de feuillage. L’après-midi, les autorités allèrent chercher les quatre vieillards et les conduisirent à la fête, appuyés sur des enfants. Le soir, les vieillards et les vainqueurs des jeux furent conduits au spectacle.
Le 25 frimaire an VI, Grégoire dénonça aux Cinq- Cents les persécutions que faisaient subir aux prêtres l’administration centrale de l’Ailier et l’administration municipale de Moulins1. L’administration centrale avait pris un arrêté menaçant pour inviter les prêtres à célébrer le décadi. L’administration municipale avait fait comparaître devant elle les prêtres de la ville ; à ceux qui résisteraient à son invitation, elle avait montré la déportation; à ceux qui s’y conformeraient, elle avait promis d’obtenir le paiement tic leurs pensions. La protestation de Grégoire fit de l’impression sur l’administration centrale, qui s’empressa de lui écrire pour protester de la pureté de scs intentions. Mais le ministre de l’intérieur, Lelourneux, l’encouragea à persévérer dans sa ligne de conduite sans se préoccuper d$5 menaces de Grégoire. Rassurée dès lors, elle affirma dans une circulaire, tout en se défendant de
1 Histoire îles Sectes, t, |>. 28^ et suiv.
CULTE DÉCADAIRE ET Tll ÉOl'lIU.A ATI I UOP1E
recourir à la violence, la ferme volonté où elle était de combattre les préjugés et la superstition et de délivrer ses concitoyens « des erreurs religieuses ».
Loir-et-Cher. — - Grégoire paraît avoir compté des amis sûrs dans les diverses administrations du département, qui l’avait nommé évêque constitutionnel. C’est ainsi que des commissaires cantonaux l’avertirent que le ministre de la police Du val avait chargé le commissaire central de s’informer s’il était vrai que « l’évêque Grégoire avait répandu dans son diocèse un écrit contre la translation du dimanche au décadi1 ». L’administration centrale semble avoir été assez tiède pour les institutions républicaines. Dans une proclamation pour la fête du 1e1' vendémiaire, elle insistait fortement sur la nécessité des idées religieuses2. Les Annales de la Religion faisaient un vif éloge de sa « surveillance prudente ».
La municipalité de Blois était, sans doute, un peu plus zélée, car Grégoire lui réserva quelques railleries dans son histoire h L’église Sainte- Marie fut transformée en « temple des réunions décadaires » dès le 4 pluviôse an YI. Les élèves des écoles s’y rendaient régulièrement et étaient interrogés sur les droits de l’homme. Le « corps de musique » exécutait des airs patriotiques. La garde nationale escortait le cortège au son des tambours'1. Les l'êtes nationales n’eurent rien de remarquable. La municipalité suivit servilement les prescriptions de François de Neufchàteau.
Cher. — Dans le département de Bonnaire et de Heurtant Lamerville, les lois sur les institutions républicaines ne pouvaient rester lettre morte. L’administration centrale mit le plus grand zèle à les faire exécuter et y réussit jusqu’à un certain point1’. Dès le 25 fructidor