‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 363 sur 519 · PAYS ANNEXÉS · texte numérisé non relu

PAYS ANNEXÉS

s’établit et l’homme subit des maux incalculables. Mais l'homme vient de reconnaître son erreur, il a renversé la tyrannie en France, il la renversera ailleurs.

« Du joug de ses tyrans la première affranchie.

Puisse notre patrie apprendre à l’univers A briser d’un seul coup des rois, de l’anarchie ht les échafauds et les fers ! »

À la fête des Époux, le 10 floréal an VII, Mulot fit l'éloge du mariage civil, chanta les joies de l’hymen, « conservateur et consolateur de l’espèce humaine, soutien de la République », déblatéra contre le célibat, « crime qui chez les Spartiates éloignait des jeux, des spectacles, des festins et des fêtes publiques ».

A la fête de la Reconnaissance, le io prairial, il prononça un panégyrique de Siéyès, qui venait d’entrer au Directoire, adressa une prosopopée grandiloquente aux mânes de Roberjot et de Bonnier et termina par des imprécations contre le fanatisme, qui détournait les populations des fêtes républicaines.

L’Université de Mayence participait aux fêtes républicaines et y déléguait plusieurs de ses membres en qualité d’orateurs. C’est ainsi que Georg Wedekind jurait haine à la royauté- et à l'anarchie à la fête du 2 pluviôse an \11 '. Le même jour, G. F. Rebmann, membre du tribunal du Mont-Tonnerre était chargé d’un discours1 2 3 * * * *.

Le décadi fut célébré dans les îles Ioniennes8, dans

1. Georg Wedekind, professor dcr Universital. Ilass dem Roniglliume und der Anarchie offentlich gesprochen :u Main' am 2,cn Pluviôse rjlen Jahrcs dcr Franken llcpnblick, bei Pfeiffer. Mainz, in-8 (fonds Gazier).

Rebmann (G -F.), Redè am Qediichtniszlage don bestrafung Ludwig dcr A l / (2tcn Pluviôse der ~,<MI .labres der Rcpublik ; Mainz, i 11— 8 . bei Pfeiffer).

3. On trouve par exemple, à la Bit), nat.. Lié- 1708, un « Discours

du citoyen Dubois, commissaire général du Directoire exécutif dans

les îles françaises du Levant, prononcé par le citoyen Grouvclle, aide

de camp du général de division Cliabit, sur l'autel de la Patrie, le

jour de l’anniversaire de la mort du dernier roi des Français » (sans

la date) (texte français et grec en regard).

,r>3:> Cl’1. TE DÉCADAIRE ET THÉOPHILANTHROPIE

l’Italie du Nord, à Genève, dans le Levant, à Saint- Domingue, etc. \

Insuccès du culte décadaire. — En somme, le culte décadaire ne donna pas ce que s’en promettaient ses organisateurs. Ils avaient voulu républicaniser la France, la galvaniser. Mais la confiance ne se décrète pas et la France restait hostile ou indifférente. Entreprise gouvernementale, le culte décadaire eut tout juste la popularité du gouvernement.

Le Ier germinal an VU, au Conseil des Anciens, Moreau (de l’Yonne) constatait cet insuccès : « Celte sublime institution, disait-il en parlant des fêtes nationales et décadaires, est déjà tombée dans l’oubli. Si les cités départementales, se saisissant de l’esprit qui les a dictées, sont réveillées par l’infatigable sollicitude du Directoire, à ces époques célèbres, l’immense majorité du peuple français, ou plutôt des communes qu’il habite, reste insensible aux grandes idées qu’elles développent2. » Moreau n’en concluait pas, comme il eût semblé naturel, qu’il fallait renoncer à la tentative, mais au contraire qu’il fallait redoubler de zèle pour la faire réussir, et il proposait comme remède que le Conseil célébrât dans son sein les fêtes nationales !

Illusions persistantes des gouvernants. — Ces illusions robustes étaient partagées par beaucoup d’autres députés et par les gouvernants eux-mêmes, qui s’opiniâtrèrent jusqu’à la fin à lutter contre l’impossible. Bonnaire ne trouvait rien de mieux que de proposer aux Cinq-Cents une nouvelle loi sur le port de la cocarde nationale, le 3 floréal an VII1. Un autre député, proba-

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