‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 367 sur 519 · Chemin, kl · texte numérisé non relu

Chemin, kl

538 Cl ETE DÉCADAIRE ET Tll ÉOPHIRAATHROPIE

par exemple à Saint-Roch *, à Saint-Eustache1 2, à Notre- Dame3. Comme il était naturel, le public se portait maintenant aux offices décadaires, qui avaient au moins battrait de la nouveauté. « Les théophilanthropes semblent disparaître, écrivait Dupin dans son rapport de frimaire an VII4 5. Ceux qui suivaient leurs assemblées par civisme préfèrent les tètes décadaires. Ceux qui y allaient par curiosité n’y trouvent plus d’attrait. Et ceux qui les fréquentaient par principes religieux ont conçu des préventions contre le motif secret de ces réunions, préventions justifiées par quelques mauvais choix des orateurs théophilanthropes. »

Les cérémonies conservaient pourtant quelques fidèles, peu nombreux, mais tenaces, et Dupin était obligé de reconnaître que les chefs étaient « brûlants de zèle pour leur culte et pour propager leurs principes0 ». En germinal an VII, le nombre des théophilanthropes lui paraissait « toujours le même, sans accroissement, sans diminution6». Epurée de ses éléments douteux, la secte poursuivait une existence « sans éclat ». Elle s’ingéniait pourtant à retenir f attention publique, à profiter des circonstances, même les plus menues, pour attirer la foule autour de ses autels. C’est ainsique, le i5 pluviôse, les théophilanthropes du temple de la Reconnaissance, imaginèrent de consacrer leur office à la louange d’un enfant de huit ans, le jeune Locquet, qui était allé vendre à un perruquier sa chevelure pour secourir sa mère malade. Tous les amis delà famille,

1. La Clef du cabinet rl u a3 messidor an Vil, répondant à certains journaux qui avaient annoncé la cessation du culte théophilanthropique à Saint-Roch, fit observer que « la chose remontait à près d'un ari » (dans Aulard, Esprit public, V, p. 6i3).

2. « Il existait des catholiques et des théophilanthropes au temple Eustache Ces derniers ont cessé toutes cérémonies, du moment où les administrations ont l’ait les décadis. » Compte décadaire du commissaire du Directoire du IIIe arrondissement, pour le mois de vendémiaire an VII (Arch. nat., F‘ 7/119).

3. Pour la cessation du culte théophilanthropique à Notre-Dame, voir plus loin, p. 545 et suiv.

Page 1