‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 380 sur 519 · Procès-verbal de la fête. (Arch. nat. , P1C111 Yonne · texte numérisé non relu

Procès-verbal de la fête. (Arch. nat. , P1C111 Yonne

4- Procès-verbal de la réunion décadaire du 20 ventôse an VII (Arch. de l’Yonne).

5. Procès-verbal de la réunion du 10 frimaire an VII (M.). Voir aussi les procès-verbaux des 10 ventôse et 10 plmiôse an VII (W.).

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nous avons professé le aille théôjphilanthropique, la morale et la pratique {sic), toujours animés du républicanisme. »

Dans le canton d 'Oaa inc, à la fête du 10 germinal an Vil1, les élèves des écoles déclamèrent entre autres choses l’hymne de Cléantlie des ihéopliilanthropes, l'histoire de Tobie, « prise dans le culte théophilanthropique », « un passage tiré du livre de la Religion naturelle». Le premier prix de déclamation décerné au cours de la séance « consista en un volume contenant l’historique et l’exercice de la Religion naturelle parChemin ».

On pourrait relever dans d’autres départements des exemples analogues. A Versailles, au moment d’organiser le culte décadaire, le 1 5 vendémiaire an VII, le président delà municipalité écrivit au ministre de l’intérieur pour lui demander s’il pouvait faire entrer dans ses discours de morale, prononcés aux fêtes décadaires, l’idée de l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’àme. Le ministre répondit, le 5 brumaire an VII, que la chose était parfaitement permise, mais « qu’il n’en fallait pas moins exclure des discours prononcés devant le peuple Loul ce qui ressemblerait à des éloges, à une préférence donnée à telle ou telle religion, interdire tout ce qui rappellerait les rites, les cérémonies d’un culte ». « Les magistrats, ajoutait François de Neufchâteau, ne sont pas des prêtres; ils ne doivent qu’être les organes du gouvernement qui, en protégeant tous les cultes, n’en reconnaît aucun*. »

Mésintelligences entre les deux cultes philosophiques. — Cette lettre su (lirait à nous montrer que, si les autorités mélangèrent parfois la théophilanthropie au culte décadaire, ce fut à l’encontre des intentions du pouvoir. On ne doit donc pas être surpris qu’en bien des endroits la théophilanlhropie et le culte décadaire vécurent en fort mauvaise intelligence. La faute en fut d’ordinaire à des fonctionnaires trop zélés, qui pensèrent s’attirer les bonnes

i. Procès-verbal (•'■rch. do l’Yonne).

a. Arcti nal., F1 i a y G .

558 GUI. TF, F) FC AD Al RF FT TIIF0PHIFAHTTIR0P1F

grâces du Di rectoire, en persécutant le culte qui avait cessé de lui plaire.

Dans l’Yonne, le commissaire du canton de Chablis, l'ex-prêtre Crochot *, combattait la théophilanthropie comme le catholicisme. Il exposa les raisons de sa conduite;'! François de Neufchâteau, dans cette curieuse lettre, datée de pluviôse an Vil :

« Je suis parvenu à faire disparaître dans ce canton l’exercice ilu culte catholique. J’ai cru devoir no lui substituer que la religion des lois : il importe au bonheur public qu’il n'en existe pas d’autre.

La religion des théophilanthropes serait préférable à toutes celles cpii ont paru ; elle est tolérante ; mais on y retrouve des ministres à peu près sous les mêmes costumes ; on les alterne dans les communes populeuses, dans les campagnes, où les hommes capables sont rares, on les perpétue et déjà ils déciment le peuple et l’influencent. Avec le temps, ils acciuerreronl autant de prépondérance que ceux qui tombent de vétusté; pour que le gouvernement soit un et fort, il faut que le peuple ne voie d’autre autel que celui de la patrie, que ceux consacrés aux institutions républicaines, d’autre bible que le livre de la loi...

... Si l’admiration commande un culte, ce ne peut être que celui du cœur ; c’est le seul digne de l’Elre suprême, et par conséquent, s’il existe une religion, elle est purement intérieure; c’est la seule vraie, uniforme, immuable, c’est la religion du philosophe, ce fut celle de Socrate... Les cultes s'emparent de l’homme, de ses opinions, de ses alléchons, la pall ie le cherche et ne le trouve plus...

Frappé par ces considérations, j’ai cru devoir éloigner de ce canton le culte même des théophilanthropes. Mais pour que le peuple ne porte pas ses regrets vers le passé, j’ai pensé tpi’il fallait donner aux institutions républicaines un caractère religieux, et j’ai vu, avec une satisfaction bien douce, mes vues politiques sanctionnées dans votre circulaire aux administrations centrales, un tics plus beaux monuments du génie. En conséquence, j’ai composé deux hymnes à l’Elernel pour ouvrir et terminer la célébration des fêtes décadaires. J’ai renfermé dans le premier tous les rapports de l’homme avec

i. Crochot avait été curé de Germigny (district de Saint-Florentin), comme l’atteste une lettre qu’il écrivit à Roland en celle qualité le 27 novembre 1792 (Arch nal., F'C111 Yonne 9).

MÉSIftîEr.T.IGENCE ENTRE LES DEUX CULTES 55f)

la Divinité ; dans le second tous les devoirs de la vie sociale. Mais je ne me suis pas contenté d’intéresser le peuple par des hymnes, qui le réconcilient avec les institutions républicaines. J’ai composé des discours pour toutes les fêtes nationales, dont deux ont été couronnés par le jury d'instruction du département à l’anniversaire de la fondation de la République, quelques-uns ont été imprimés par la souscription civique des assemblées où ils ont été prononcés b.. »

François de Ncufchàteau approuva fort les considérations développées par Crochot : « J’applaudis au zèle que vous déployez constamment pour faire triompher la raison et les lois des préjugés de la malveillance... 2 »

Dans l'Aisne, à Charly-sur-Marnc, la municipalité ayant décrété la fermeture de l’église, tous les jours autres que le décadi, les théophilanthropes du lieu, qui célébraient leur ollice le quintidi, se trouvèrent atteints par la mesure et protestèrent auprès du ministre de 1 intérieur sans aucun succès, semble- 1 il \

1. La lettre a été connue tic Grégoire qui l’analyse dans son Histoire des Sectes. Crochot l’avait fait passer au ministre par l'intermédiaire de Moreau, député de l’Yonne aux Anciens (Arcli. nat , F1 ^ i a Y *») -

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