‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 381 sur 519 · Même dossier · texte numérisé non relu

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3. Y oici le passage important de leur lettre signée Aubry et datée du 27 ventôse an N 11 : « ... Dans l.i vue de concourir avec notre ad- [ministralion ja à l’adoption des décadis, aidé de nos concitoyens [patriotes] prononcés, nous nommes parvenus à donner |chez] nous une sorte de consistance au culte théoph[ilanthropique] , que nous exerçons dans le temple de cette comfmunc] concurremment avec nos frères les catholiques. Mais ceux-ci qui devraient avoir pour nous l’urbanité, la charité, la tolérance que nous avons pour eux; parce que nous ne nous sommes pas permis, à l'instar de nos frères de Paris, l’exercice de notre culte le quintidi qui a subi notre début le décadi 20 du précédent, ont cru devoir exercer le leur les dimanches et fêtes que nous nous sommes interdits, du moment que la loi nous en a fait un devoir L’administration de ce lieu et canton, pour donner au décadi toute la consistance que le gouvernement exige, a cru dans sa sagesse devoir solliciter l’administration centrale de ne permettre l’exercice du culte catholique que les seuls décadis ; en conséquence cette dernière autorité a prescrit la fermeture du temple de celte commune qui, d'après sou arrêté, ne doit plus s’ouvrir que les décadis pour les cérémonies décadaires, la lecture des lois et l’exercice des cultes : depuis deux décades, cette loi reçoit son exécution. Mais, citoyen ministre, les théophilanthropes, ces arcs-boutants de la Constitution, stricts observateurs des lois, des institutions de la patrie, doivent il, parce que leurs frères se refusent à l’observance des décades (auxquelles ils ne veulent pas sacrifier les jours proscrits par le calen-

J. Déchirure du papier.

560 CVI.TE DÉCADAIRE ET THÉOPIIII.ANTIIROPIE

Dans YEure, les théophilanlhropes auraient etc ouverlement hostiles au culte décadaire, si on en croit une dénonciation du cercle constitutionnel de Verneuil « Les sectaires du culte tliéophilanthrùpic/iie poussent la témérité jusqu’à y [aux institutions républicaines] porter atteinte par leurs discours et leurs menaces, transgressent les instructions et arrêtés sur la fermeture des boutiques qui ont jour sur la voie publique, et ne daignent pas même assister aux exercices, aux lectures des lois, qui se font régulièrement dans ces jours de la liaison par nos autorités constituées, qui ont la douleur de n’\ voir que la minorité de leurs administrés... »

\ Dijon, les théophilanlbropes auraient bien voulu obtenir l’usage du temple décadaire (Saint-Michel), mais l’administration s’en réserva la jouissance exclusive et les relégua avec les catholiques à Notre-Dame2.

Coxci.ision. — En résumé, des quelques documents que j’ai pu rassembler, j’ai emporté celle impression que de germinal an VI à prairial an VII, parmi les patriotes, les adversaires plus ou moins déclarés du Directoire se donnèrent plutôt rendez-vous autour des autels de la lliéophilantbropie et ses partisans au temple décadaire. Si dans beaucoup d’endroits, la théophilanthropie subsista malgré la concurrence du nouveau culte civique, cela lient peut-être à la désunion des républicains. Mais les républicains n’étaient pas assez nombreux pour faire vivre deux églises philosophiques différentes. La foi révo-

drier républicain) doivent-ils, dis-je, être privés de leur culte le quintidi, surtout quand ils le l’ont précéder et suivre de leurs travaux pénibles 1’ Les laborieux habitants des campagnes, parmi lesquels beaucoup s’empressent de suivre notre culte et comme nous d’observer lesdénadis, désireraient qu’une loi les autorisàtà se reposer le quintidi. Ilsallèguent qu’ils ne peuvent, ni les bestiaux (chevaux et bœufs employés à la culture des terres) travailler constamment dix jours de suite sans se reposerai! moins une demi-journée. ’\ euillez, citoyen ministre, solliciter celte bienfaisante loi et singulièrement autoriser les théophilanthropes à exercer provisoirement leur culte les quintidis... » Àrch. nat., F19 399.

1. La dénonciation n’est pas datée, mais elle est probablement du milieu de l’an VII (Arch. nat., F1 CII[ Eure 12).

2. Ileg. des délib. de l’adm. mun. à la date du 19 germinal an à 11 (Arch. de Dijon).

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