‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 384 sur 519 · REACTION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

REACTION CATHOLIQUE

acquéreurs de domaines nationaux, les fonctionnaires publics, qui ne fréquentaient pas leurs cérémonies sacrées, et tous ceux qui ont assez de bon sens pour penser que les institutions civiles sutlisent pour constater lés actes de l’état civil et qu’ils peuvent bien se passer des opérations magiques dont une longue habitude avait fait une loi, mais dont l’éternelle raison fait voir l’imposture et l'inanité. » Il faut donc faire cesser les mesures arbitraires, que réprouve d’ailleurs la Constitution, il faut rattacher à la République une classe nombreuse, qui lui a été imprudemment aliénée, faire rentrer les prêtres assermentés dans le droit commun, et réserver la peine de la déportation pour les seuls prêtres réfractaires b

Réaction catholique. — Ces promesses d’apaisement eurent un grand retentissement dans toute la France. Les catholiques constitutionnels s’en réjouirent hautement cl se mirent en devoir de résister à la « persécution décadaire ». Sur leurs instances, des députés de plusieurs départements sollicitèrent du Directoire la mise en liberté des prêtres assermentés déportés ou arrêtés1 2 et leurs démarches ne furent pas vaines. Les Annales de la reli- (jion s’en félicitaient en ces termes : « Le gouvernement commence à rendre la liberté aux prêtres constitutionnels qui l’ont perdue par ordre du Directoire, en vertu de la

1. François de Nantes déposa un projet de loi dont l’art. X était ainsi conçu : « L’article XXIV de la loi du kj fructidor n’est applicable qu’aux prêtres qui ont refusé ou rétracté le serment prescrit par les lois ou qui le rétracteront à l’avenir. »

2 . Par exemple, le 1 4 messidor an \ I f , « les représentants du peuple composant la députation du département des Vosges au Corps législatif » écrivirent au Directoire la lettre suivante : « Vous n’ignorez pas quel abus on a souvent fait de l’article XXIV de la loi du it) fructidor an V pour vexer, incarcérer et déporter des prêtres assermentés et soumis aux lois. Cet article est devenu, entre les mains des intrigants, des calomniateurs et des hommes passionnés, une arme à deux tranchants, dont l’on a fait usage et contre les réfractaires, et contre ceux que poursuivaient les réfractaires. Le Directoire a été surpris, trompé, il a servi les vengeances particulières, en croyant servir la chose publique... » Suit une réclamation on faveur du citoyen Lacretelle, curé constitutionnel du Val-d’Ajol, déporté, sous un prétexte des plus futiles, par arreté du Directoire du i4 prairial an VIL La lettre est signée : Dclpierrc ainé, Delpierre jeune, Richaud, Dieudonné, Poullain-Grandpré, Panichot, Perrin.

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loi du 19 fructidor; déjà plusieurs sont sortis de la citadelle de Saint-Martin, île de Rhé1. »

\ certains indices, il 11e serait pas impossible d'ad mettre que le coup d'Etat de prairial lut le résultat d'une coalition entre les jacobins anti-directoriaux et les catholiques constitutionnels. Il est remarquable en tout cas qu'avant le coup d'Etat, les Annales (le la reliqion aient salué avec joie l'élection de Sieyès au Directoire et rappelé à cette occasion, dans une biographie élôgieuse, que Sieyès avait pris la défense de la liberté des cultes en maintes circonstances, notamment le 7 mai 1791 2 3 4 5. Après le 3o prairial, l’organe olliciel des constitutionnels, profitant de la plus grande liberté laissée à la presse, reparut sous son vrai nom et consacra une longue élude 1 à la « dernière persécution religieuse », à la « persécution qui figurera dans l'histoire de l’Église sous le nom de perse culion de La Réveil ièrc-Lépeaux 1 ». La Réveil ière y était qualifié de Mahomet, de Néron, de Dècc, etc., et les autorités, qui avaient appliqué son programme, de « Torquemadas français ». Reprenant courage, les prêtres qui avaient consenti à transférer leurs offices au décadi, re\enaient en grand nombre sur leurs engagements, protestaient auprès du nouveau Directoire contre les violences dont ils avaient été l’objet de la part de l’ancien et de ses agents

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