‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 396 sur 519 · Conservés aux Arch nat., AF · texte numérisé non relu

Conservés aux Arch nat., AF

DÉ PA RTEMENTS

Dans l’Isère, loul le monde travaillait le décadi, même les jours de fêtes nationales1 2. Dans le Loir-et-Cher, les gardes nationales refusaient de marcher contre les chouans, et les institutions républicaines étaient laissées dans l’abandon le plus complet, même à Blois Dans la Seine- Inférieure, où la tranquillité avait régné jusqu’au do prai rial, les désordres et les troubles se succédaient depuis cette journée. Les prêtres réfractaires se moquaient des poursuites correctionnelles et agissaient à leur guise3. Dans la \ ienne, la police des cultes n’était plus observée, les processions se déroulaient publiquement dans certains cantons avec croix et bannières4.

Dans l’Yonne, département si républicain pourtant, les catholiques rouvraient les églises fermées et dans plus d’un endroit faisaient disparaître des temples décadaires les bustes des philosophes5.

Dans la Marne, le commissaire central, Drouet, écrivait au ministre de l’intérieur, le 3o thermidor an Vil : « Les institutions républicaines, à l’exception du chef lieu du département, sont partout en général tombées en désuétude et tournées en ridicule. Les ministres du culte, soi-disant catholique, exercent partout un empire absolu. » Les décadis n’étaient nulle part observés; on provoquait en public au rétablissement de la royauté. A cette situation critique, Drouet ne voyait qu’un remède. Il proposait de révoquer la plupart des commissaires et agents municipaux et de les remplacer par des « vétérans de la Révolution »

1. Arch. nat , F1 G111 Isère g. Entre autres pièces, voir la lettre du juge de paix du canton de Voreppe au ministre de la justice (i i fructidor an I\).

2. Registre de la correspondance du commissaire central du Loirct-Cher aux datesdu 20 thermidor an Vit, 26 vendémiaire an Vil I, etc. (Arch. du Loir-et-Cher I, 162Y

3. Correspondance du commissaire central de la Seine-Inférieure avec le ministre de la police aux dates des 10, 2 \ thermidor an \ II. etc. (Arch. de la Seine-Inférieure).

4. Comptes décadaires ou mensuels des commissaires cantonaux. (Arch. de la Vienne L 35, 36, 3^).

5. Par exemple dans le canton de Ligny. Réquisitoire du commissaire de Ligny sur ces faits (Arch. de l’Yonne, à la date du 4e jour complémentaire an VII).

CHUTE nu CULTE DECADAIRE

ennemis déclarés du catholicisme, loi arrêté du Directoire ordonnerait jusqu’à la paix la fermeture de toutes les églises, les jours autres que les décadis, et le transfert obligatoire des cérémonies du culte au décadi

Réveil de l’esprit républicain a la veille du 18 brumaire. — Dans l’Aisne, grâce aux mesures énergiques du département, qui avait fermé les églises les jours autres que le décadi, la tranquillité put être maintenue au moins en apparence, et le commissaire central constatait même, à la fin de vendémiaire an VIII, une légère amélioration de l’esprit public : « Je vous annonce avec plaisir que la situation politique de notre département s’améliore de jour en jour. Les lois républicaines reprennent leur empire, les royalistes reprennent leur masque semi-patriotique et paraissent honteux de l’avoir quitté. On n’entend plus parler du rétablissement du trône. » Si la loi sur le repos décadaire était assez mal observée, en revanche les fêtes nationales étaient célébrées avec solennité1 2.

Le retour de Bonaparte, les victoires de Masséna à Zurich, de Brune à Bergen, rendaient un peu partout courage aux républicains, quand le 18 brumaire vint précipiter la ruine du culte décadaire.

Réaction catholique après le 18 brumaire. — Plus encore que le 3o prairial, le 18 brumaire fut accueilli avec joie par les catholiques , réfractaires ou constitutionnels. Dans plusieurs départements, les réfractaires redemandèrent les églises, proclamèrent que la nouvelle révolution était faite par eux et pour eux, que le catholicisme allait redevenir religion dominante, etc3 * *. Dans l’Ouest,

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