‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 395 sur 519 · Voir sa lettre dans Autant, V, p. 5g · texte numérisé non relu

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2. Arcli. nat., F1" io65. La circulaire est précédée d'un rapport d’un chef de division du ministère.

Ql I NETTE ET LES RÉUNIONS DÉCADAIRES

autre peuple. Les changements de l’intérieur n’excitent pas plus d’émotion. On se questionne par curiosité, on répond sans intérêt, on apprend avec indifférence. Qu’il serait important de faire cesser ce sommeil de mort1 ! » La situation, loin de s’améliorer dans les mois suivants, s’aggravait plutôt. « Il n’a presque point existé de véritable esprit public, lit-on dans le compte du Bureau central pour fructidor an VII, et on chercherait vainement à déguiser cette affligeante vérité par aucuns palliatifs... 2 » En dépit des invitations répétées des municipalités, les théâtres refusaient d’envoyer leurs musiciens aux réunions décadaires3, et les cérémonies étaient réduites à leur plus simple expression. Les rapports du bureau central, si prolixes auparavant sur ce sujet, restent maintenant muets.

La FOI RÉVOLUTIONNAIRE SUBSISTE DANS LES SOCIÉTÉS

popi i.aires. — Presque absente des cérémonies officielles, la foi révolutionnaire n’est pourtant pas complètement éteinte. Elle subsiste très vivace dans les sociétés populaires, qui se reforment à Paris et dans les grandes villes après le 3o prairial et fonctionnent avec beaucoup plus de liberté et de hardiesse qu’après le 18 fructidor. Comme eu i)3, les temples décadaires deviennent autant de locaux pour les réunions politiques. A Paris, la société des Amis de la liberté cl de l’égalité, chassée de la salle du Manège par le conseil des Anciens, se réfugie au temple de la Paix (Saint-Thomas d’Aquin) et y célèbre avec enthousiasme l’anniversaire du io août. Le ^5 thermidor, les patriotes du faubourg Antoine obtiennent de la municipalité l’usage de l’église Sainte- Ma rgueritte (temple de la Liberté et de l’Egalité1) et s’y assemblent pour lire des journaux et se tenir au courant des événements. Plus d’un temple décadaire dut ainsi se transformer en salle de réunion politique.

^ t. Aulard, V, p. 579.

J* 2. Arch. nat., BB3 91.

3. Rapport du Bureau central de fructidor an Vit. Aulard, \ , -33.

/| Sur cette société, voir les comptes du Bureau central pour le mois de thermidor an Vit (Aulard, \ , p. 088) et le compte du même pour le mois de fructidor. Arch. nat., BB* 91.

CHUTE DU CU ETE DÉCADAIRE

Départements. — - Effacement du culte décadaire après le 3o prairial. — Dans les départements, le culte décadaire disparut presque complètement après le 3o prairial. Dans son compte mensuel du mois de fructidor an VII1, Fouché constatait que la chouannerie faisait « des progrès effrayants » et qu’elle s’étendait dès lors depuis la Garonne jusqu’à la Somme à travers la Bretagne et la Normandie2. Presque partout, les arbres de la liberté étaient coupés, les conscrits refusaient de rejoindre et grossissaient les bandes royalistes, les prêtres réfractaires officiaient en public. Les rassemblements, les émeutes ne se comptaient plus. Une insurrection redoutable éclatait dans la Haute-Garonne, des troubles dans l’Ardèche, le Cantal, les Alpes-Maritimes, la Lozère, l’Aveyron, la Dordogne, etc... Louis de Frotté et Williamson agitaient la Normandie, Branchedor la Touraine. Bien n’ëst plus instructif que la lecture des bulletins décadaires de la police général 3. Celui du io au 20 fructidor, par exemple, signale dans toute la France des faits de désertion en grand nombre, une multitude de manifestations royalistes, des brigandages dans la Lozère, la Loire-Inférieure, le Maine-et-Loire et l’Indre-et-Loire, des attroupements en Vendée, dans la Charente-Inférieure, une révolte dans la Haute-Garonne, des cocardes blanches arborées dans les Deux-Sèvres, des rassemblements dans la Nièvre, des meurtres de républicains dans la Somme, des arrestations de diligences un peu partout, etc.

Au milieu de cette agitation universelle, les lois sur les institutions républicaines n’étaient plus qu’un objet d’in- . différence, de raillerie ou de mépris.

1. Rédigé le 12 vendémiaire an VII et publié dans Aulard, Etal de la Fiance en l'an 1 III et en l’an IX, 1897, in-8.

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