‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 398 sur 519 · Annales de la Religion, t. X, p. 4 (j et · texte numérisé non relu

Annales de la Religion, t. X, p. 4 (j et

CHUTE DU CULTE DÉCADAIRE

vaicnt ils dans les Annales de la Religion. Ils ne tarissaient pas d’éloges sur Bonaparte et sur Sieyès : « l’un et l’autre ont donné les témoignages les moins équivoques de leur amour de la liberté politique et civile, de leurs principes de tolérance cl de leur respect pour le culte publie. » Ils espéraient que le culte décadaire serait supprimé à bref délai et qu'on ferait disparaître les statues, tableaux et devises, qui outrageaient et entravaient leurs cérémonies. Bref le 18 brumaire était un coup du ciel : « Qui ne remarquera le doigt de Dieu dans cet ordre extraordinaire d’événements1? » L’évêque constitutionnel de Paris, Royer, s’attirait un blâme du Bureau central pour un discours « fanatique », prononcé, le 26 brumaire, à Notre-Dame2.

Attitude des philosophes. — Les républicains philosophes ne pouvaient manquer de s’alarmer de cette agitation religieuse. Un grand nombre avaient applaudi au 18 brumaire, parce qu’ils voyaient dans le coup d’Etat la fin de l’anarchie parlementaire, du désordre des finances, l’éloignement du péril anarchiste, l’affermissement de la République. Ils n’entendaient pas que la contre-révolution seule profitât de l’événement. Ils avaient au pouvoir des hommes qui partageaient leurs vues, Fouché à la police, Laplace à l’intérieur ; ils étaient nombreux dans les assemblées législatives, dans les administrations municipales et départementales. L’armée leur était acquise, et l’Institut, et une bonne partie de la presse. Dans les villes, les plus déterminés d’entre eux se réunissaient dans les cercles constitutionnels, encore en activité. Emus des premiers symptômes de la réaction catholique, ils protestèrent auprès des consuls, pétitionnèrent à leur tour pour exiger

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