Dans son compte de nivôse. Arch. nat., F’C111 Aube
Mathiez. 38
CHUTÉ DU CULTE DÉCADAIRE
comptoirs, etc., ils travaillaient et vendaient comme les autres jours... »
Dans l’Yonne, le jour de la fêle des Rois (17 nivôse), plusieurs temples décadaires étaient saccagés par les catholiques. À Villeneuve-la-Guyard, ils brisaient tout le matériel du culte civique et le traînaient dans les rues, insultaient les autorités, détruisaient tout ce qui rappelait Ja République. A illeneuve-sur-Yanne, la statue de la Liberté et un drapeau tricolore étaient enlevés du temple pendant la nuit. A Montereau, le temple décadaire était pillé au même instant1. A Noyers, le 3o ventôse an "VIII , les catholiques essayaient de mettre le feu à l’autel de la patrie élevé dans l’église 2.
Résistance des républicains. — Mais les administrations locales, dont beaucoup comprenaient encore des républicains philosophes, résistaient au courant, maintenaient la fériation du décadi, continuaient à condamner à l’amende3 ceux qui ouvraient leur boutique ce jour-là, empêchaient les cérémonies religieuses sur la voie publique. En Eure-et-Loir, « le département s’empressait d’éclairer les habitants des campagnes, il leur rappelait que les lois sur les cultes et celles sur les fêtes décadaires subsistaient toujours et qu’elles devaient être observées. » Le calme se rétablissait4 5. Dans l’Aube, le mouvement parvenait de même à être enrayé par l’administration centrale3 et les décadis continuaient à être célébrés. Dans l’Hérault, un arrêté du département maintenait les fêtes décadaires et combattait l’opinion de ceux qui les déclaraient abolies par la loi du 3 nivôse, qui supprimait les fêtes nationales 6. Dans la Côte-d’Or, l’administration
1. D’après L’Observateur de l’Yonne, du 25 nivôse an VIII et d’après une délibération de la municipalité de Villeneuve la Guyard en date du 17 nivôse an VIII (Arcli. nat., F1 Cm Yonne 10).