‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 407 sur 519 · Arch. nat , F19 48is Yonne · texte numérisé non relu

Arch. nat , F19 48is Yonne

CHUTE DU CULTE DECADAIRE

versement a voulu consacrer la liberté des opinions religieuses. mais non la résurrection du fanatisme; il a voulu ramener parmi le peuple, des préceptes d’une morale antique et révérée, mais non des réactions sanguinaires et des vengeances superstitieuses. Le gouvernement a, par son arrêté du 7 nivôse, rendu à l’usage des cultes la jouissance de plusieurs édifices qui y étaient originairement destinés, mais il n’a pas rouvert des temples à l’intolérance turbulente ni au fanatisme persécuteur. . . Le gouvernement veut que tous les cultes soient libres et qu’aucun ne soit dominant... Que tous les cultes soient donc libres et égaux, mais que les lois, qui en règlent l’exercice, continuent d’être sévèrement exécutées... Soyez inexorables contre les perturbateurs quels qu’ils soient, et sous quelque prétexte qu’ils exécutent le mal sur la terre1. »

Le 2 pluviôse, Bonaparte prenait un nouvel arrêté pour compléter et rectifier ceux du 7 nivôse. Il y était spécifié que les édifices rendus à l’usage des cultes, qui servaient précédemment à la célébration des cérémonies décadaires, continueraient à servir à cette célébration en même temps qu’aux offices du culte. Les autorités administratives étaient chargées de fixer les heures qui seraient attribuées aux exercices religieux et aux cérémonies civiles, « de manière à prévenir leur concurrence2». Il semblait cette fois que le gouvernement eût la volonté très ferme de conserver le culte décadaire. Fouché précisait dans sa correspondance avec les autorités la nouvelle orientation donnée à la politique religieuse. Il écrivait, par exemple, au commissaire central de la Côte-d'Or, le i3 pluviôse : « J’apprends avec peine, citoyen, par votre lettre du 2 de ce mois, que la plupart des commissaires du gouvernement dans votre arrondissement négligent les mesures nécessaires pour l’exécution des lois, parce que, ditesa’ous, ils ne voient pas d’une manière positive les inten-

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