Arch. de la Vienne Ld
LES DERNIERS JOURS DU 01 ETE DÉCADURE C>o3
lors qu’en présence de ces constatations, Bonaparte n’ait plus hésité. Le culle décadaire se mourait. Il ne pouvait y avoir aucun inconvénient sérieux à lui donner le coup de grâce. Les nouveaux préfets furent invités à ne plus appliquer les lois, qui rendaient le décadi obligatoire. Thibaudeau, préfet de la Gironde, ayant consulté les consuls à ce sujet, il lui fut répondu cpie « l’intention du gouvernement n'était pas de forcer les citoyens à travailler ou à se reposer à des jours fixes ; qu’il fallait leur laisser la plus grande liberté sur ce point ; que l’expérience avait prouvé que tous les efforts faits pour maintenir la célébration des décadis avaient été inutiles, que les habitudes de la grande majorité de la nation s’y opposaient constamment1 ». Dès cette époque (début de prairial), on s’occupait au ministère de l’intérieur d’un travail sur l’abrogation des lois concernant le repos décadaire.
Le 28 prairial, Fouché recommanda aux préfets de tenir la balance égale entre tous les cultes. « Que les temples de toutes les religions soient ouverts, que toutes les consciences soient libres, que tous les cultes soient également respectés ! » 11 ajoutait, il est vrai, cette réserve : « Mais que leurs autels s’élèvent paisiblement à côté de ceux de la patrie et que la première des vertus publiques, l’amour de l’ordre, préside à toutes les cérémonies, inspire tous les discours et dirige tous les esprits2 3, » Il savait mieuxque personne que « les autels de la patrie « n’étaient plus debout que pour la forme et chancelaient de toutes parts.
Les municipalités cantonales, chargées, par les lois antérieures, des cérémonies décadaires, étaient supprimées dans la nouvelle organisation administrative (loi du 28 plu viôse), et l’arrêté du 17 ventôse leur enjoignait de cesser leurs fonctions, sitôt après l’installation des préfets \ Rien, dans les lois ni dans les arrêtés, ne spécifiait si les muni-
1. La lettre de Thibaudeau, où il raconte celte conversation, a été publiée par M. Aulard, Histoire de la Révolution, p. 728, note 2.