ÉPILOGUE 6 I I
de nos incrédules contemporains ont même ressuscité au Trocadéro la fête de la liaison
Du culte décadaire, il est resté aussi quelques idées fécondes, d’où sont sorties d’utiles institutions, comme les expositions et les comices agricolesi. 2.
Sans doute, il est facile de railler avec notre esprit d’aujourd’hui l’appareil académique, les détails puérils ou burlesques des cérémonies révolutionnaires. Elles eurent cependant leur grandeur. Un catholique aussi intransigeant que Grégoire en fait l’aveu en ces termes : « Dans des réunions purement civiques, écrit-il (et pour un moment j’oublie les temples de la liaison ), qui n’a versé des larmes d’attendrissement, lorsqu’au milieu d’assemblées nombreuses tous les assistants étant debout, tête nue et dans une attitude religieuse, une voix touchante et Hère entonnait la strophe : Amour sacré de la Patrie] Entre ces chants nationaux, plusieurs avoués parle goût étaient devenus européens. La dernière fois que je les entendis, le dirai-je?... c’est au parc(Saint-James 3. » Et ce ne sont pas seulement les hymnes révolutionnaires que Grégoire se voit contraint d’admirer, il trouve aussi du mérite aux discours qu’on entendait dans les temples républicains. Il voudrait qu’on 1 il un choix judicieux de ceux qui furent prononcés à la fête du ier vendémiaire et il n’hésite pas à dire ipie le recueil ainsi formé « offrirait des modèles de haute éloquence4 ». Il loue encore le coté moral de beaucoup de fêtes. C’était donner au peuple un spectacle élevé que « de porter triomphalement des ustensiles d’arts et métiers, des charrues décorées d’une gerbe de blé, des instruments aratoires, des ballots de commerce, des tables sur lesquelles étaient gravées les droits de l’homme, les bannières des peuples libres et alliés, des
i. Les amis du journal La liaison en igoa.
a. La remarque a déjà été faite par l'historien bleu de la Révolution en Bretagne, A. Duchatellier, Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne, i836, t. N l, p. ga.