‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 43 sur 519 · BENOIST-LAMOTHE ET I.E CULTE SOCIAL G · texte numérisé non relu

BENOIST-LAMOTHE ET I.E CULTE SOCIAL G

Il écrivait dans son numéro du i5 germinal an IV:

« Pour que l’homme se donne au travail avec plus de plaisir et de bonne volonté, il faut qu’il travaille directement pour lui, je veux dire sur son propre bien. Je voudrais donc que tout homme, surtout dans la campagne, que ceux qu’on appelle dédaigneusement manœuvres ou journaliers, fussent petits propriétaires. A cette idée, j’entends une foule de gens se récrier que je prêche ici la loi agraire. Non, Messieurs, pas tout à fait, ne me confondez pas, je vous prie, avec Gracchus Babeuf ; nous ne voulons point le bouleversement des propriétés qui entraînerait infailliblement celui de la société. Nous voudrions seulement un certain équilibre dans les propriétés, une certaine mesure dans les fortunes, car, sans cela, point de République. L’aristocratie des riches aurait bientôt détruit le fondement de la nôtre. »

Pour arriver à cet équilibre désiré, il ne proposait pas moins que de s’emparer d’une partie plus ou moins forte des successions collatérales.

Par cette partie économique de son programme, Benoist-Lamothe se distingue des théophilanthropes, qui professeront en toutes circonstances un respect absolu de la propriété.

Conclusion. — Mais cette différence — et quelques autres encore — ne l’empêcheront pas de réunir ses efforts aux leurs, de même que des divergences autrement sérieuses n’empêcheront pas certains disciples de Babeuf, comme Sylvain Maréchal, de s’enrôler sous la même bannière. Toutes ces tentatives religieuses répondaient, en somme, au même besoin et se proposaient le même but : « d’élever autel contre autel, d’opposer la raison à la superstition et de substituer insensiblement par l’instruction, par la persuasion, de substituer, dis je, au vain culte des images le culte de la patrie, et à l’absurde religion des prêtres la religion pure et simple de la nature1 ». Pour réaliser cette commune pensée, les

i. Benoist- Lamothe, L'Observateur, n" 8 : 5 germinal an I\ (u5 mars 179C).

Mathiez. 5

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