‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 432 sur 519 · Duvergier · texte numérisé non relu

Duvergier

2. L'éloge de Washington, qui figure sans date ni nom d’auteur dans le recueil officiel des théophilanthropes, a été aussi publié à part. Quérard dans sa France littéraire l'attribue formellement à Dubroca et le date de 171)9.

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à celui c|ui, vainqueur des tyrans, est entré dans la tombe, vainqueur des séductions du pouvoir et qui a laisse la liberté debout, nitrès avoir combattu pour en élever les fondements, à celui qui a eu l’honneur immortel de briser les fers de sa patrie et d’en frapper ses oppresseurs et d’bumilier leur orgueil par le spectacle d’un peuple rendu, par ses efforts, à ses droits et à son indépendance; à celui enfin qui a donné aux dépositaires de l'autorité la plus grande leçon qu’ils puissent recevoir, celle de sortir irréprochables du milieu des prestiges tic la puissance et de rentrer dans la classe des citoyens, plus fiers du titre tle bienfaiteurs de l'humanité que de toutes les jouissances de la domination... »

Le parallèle indirect mais très clair entre Washington et Bonaparte se poursuivait, sc précisait:

«... Quand un ambitieux, servi par la fortune, est parvenu au terme, où la vérité s’empare de son existence, malheur à celui qui le préconise dans un éloge imposteur! Il s’associe à l’infamie de celui qu’il célèbre et la vérité, qui survit aux tyrans et à leurs flatteurs, les accable un jour les uns et les autres de son poids. L’hommage des hommes libres, des âmes généreuses n’appartient qu’à celui qui a servi l'humanité en l' affranchissant du joug de ses oppresseurs ou des entraves des préjugés. El alors, ce ne sont point des accents de douleur qu’il faut faire retentir, ce sont des chants de triomphe... »

Dubroca espérait évidemment que Bonaparte ne serait pas cet ambitieux qu’il flétrissait par avance. Il comptait sur Bonaparte pour affranchir l’humanité « des entraves tles préjugés » ! La suite est [tins significative encore:

« O Washington... nous te devons surtout d’avoir montré cà l’univers quel est l’imposant caractère de l’homme vraiment libre, nous te devons peut-être cet enthousiasme généreux qui a soutenu parmi nous tant de héros dans la carrière de la gloire, celle noble émulation qui fait marcher encore sur tes traces tant d’amis de la liberté. Ta mémoire ne peut donc que vivement intéresser les cœurs des vrais Français et raconter tes vertus est le plus pressant de nos besoins... »

Dans ces derniers mots perce une inquiétude. Dubroca a peur que les vrais républicains, les jacobins de bon aloi, qui se sont exposés au moment du danger ne soient sup-

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