‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 433 sur 519 · ÉLOGE DE WASHINGTON PAH DGHKOCA 63 I · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE WASHINGTON PAH DGHKOCA 63 I

plantés peu à peu par les ambitieux, par les habiles qui ne prennent parti qu’après la bataille et laissent les autres leur tirer les marrons du feu :

« Les vrais amis de la liberté ne sont pas ceux qui attendent que les événements se soient expliqués en sa faveur pour s’en montrer les zélés défenseurs. Ils se produisent sur la scène au moment du danger et lorsque les chances sont encore incertaines. Heureux, quand ceux qui s’avancent en observateurs et qui, après la victoire, s’emparent du fruit de leurs travaux et de leurs efforts, ne les renversent pas dans la poussière et ne les sacrilient pas aux spéculations dé leur égoïme ou à leurs ressentiments secrets !... »

Puis venait le portrait du véritable grand homme. Chacun, en l’écoutant, devait se reporter mentalement vers l’autre grand homme, vers celui qui avait fait le 18 brumaire:

« Les grands hommes ne se démentent jamais. Quand la paix fut conclue, Washington licencia paisiblement son armée et le fondateur de la liberté de l'Amérique, le plus grand homme de ce siècle redevint simple particulier... H fallait qu’il eût un sentiment bien profond de l'importance de la démarche qu’il venait de faire, puisqu’il établit, non pour en conserver le souvenir, mais pour en proposer Limitation, l’ordre de Cincinnatus, c’est-à-dire des hommes qui sont disposés à passer de la magistrature à la charrue et à n'abuser jamais de la grandeur de leurs services pour renverser In liberté publiejue... »

L’invitation était nette et pressante. Bonaparte imiterait Washington, abdiquerait la dictature, quand son œuvre républicaine serait accomplie.

Mais les hardiesses, inconscientes ou voulues, de l’orateur ne s’arrêtaient pas là. Le voilà maintenant qui critique les empiètements du pouvoir militaire sur le pouvoir civil, l’entrée de l’armée dans la politique :

« Les ambitieux prodiguent les richesses à leurs partisans, pour s’en faire souvent un appui contre les droits du peuple. Washington n’accorda jamais rien aux armées qu’au nom de l'Etat et pour le service de l’Etat. Il ne voulait pas qu’en-

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