Bulletin du 21 messidor
650 LES DERNIERS ,10 l!R S DE !, \ TllÉOPIll LANTIIROPIE
quillité. Le bulletin de police, qui relate les faits, se termine par cette constatation importante : « On remarque que la société des théophilanthropes est encore nombreuse. Il y en avait hier à Saint-Gervais cinq ou six cents. » Le bulletin se fait alors l’écho d'un bruit qu’il est difficile de contrôler : « Mais il y a scission entre eux, les chefs surtout ne paraissent pas d’accord sur leurs principes. » Quelle était la cause de ces divergences, de cette « scission? » Il n’est peut-être pas interdit de conjecturer que les modérés, les prudents, par affectation de tolérance, inclinaient sans doute à blâmer la résistance ouverte contre les catholiques et conseillaient de céder à la violence, pendant que les énergiques au contraire prêchaient la lutte à outrance. Le désaccord, si désaccord il y eut, ne dut pas durer, car, en l’an IX, les théophilanthropes paraissent très unis et très décidés à faire face au flot montant du catholicisme.
L’attentat du 3 nivôse et les théophilanthropes. — Ils eurent en attendant un moment difficile à passer. Lors de l’attentat de la machine infernale, du 3 nivôse an IX, les catholiques les prirent à partie et les accusèrent d’avoir trempé dans l’affaire. Sur la liste de proscription des derniers chefs républicains dressée à cette occasion par Bonaparte, on put relever les noms de théophilanthropes passés ou présents, ceux de Barbier (J. François), de Corchand (André), de Lamberthé (Théodore), de Rossignol. On fit même courir le bruit que le fondateur de la secte, le pacifique Chemin-Dupontès, avait été arrêté comme complice des auteurs de l’attentat. Chemin protesta et la Gazette rie France du i 4 nivôse accueillit sa protestation en ces termes: « ...Le citoyen Chemin, ex-journaliste, auteur de la Morale des sages, et de plusieurs ouvrages d’éducation approuvés par le jury d’instruction publique, nous écrit que c’est à tort qu’il a été inscrit dans notre feuille du treize au nombre des personnes arrêtées. La décence de ses réclamations nous a convaincus qu’il était loin de partager les sentiments des conspirateurs : « Ma conduite, nous dit-il, ne diffère en rien des