I, ATTENTAT DI 3 NIVOSE
principes que j’ai professés dans mes écrits et, s’ils eussent été suivis par tous les Français, jamais la paix intérieure n’eût été troublée, ni la sûreté du gouvernement compromise par des crimes qui font frémir 1 humanité... » Quelques mois plus tard, dans une note de Qu’est-ce que la théophilanthropie ?, Chemin, évoquant le souvenir de ces moments critiques, se félicitera de la protection efficace que la police étendit alors sur les théophilanthropes '.
Pendant tout le mois de nivôse, les réunions de la secte furent agitées. « Les agents du fanatisme », pour y jeter le trouble, eurent l’idée d’y lâcher des bandes d enfants. Le 20 nivôse, à Saint-Gervais, une cinquantaine d’enfants brisèrent tout ce qui servait à leur culte, emportèrent les morceaux sur la place et y mirent le feu aux cris de « A bas les jacobins ! » L’autel a\ait été démoli, les décorations arrachées, de même que le drapeau tricolore qui surmontait la chaire et qu’ornait l’inscription : Liberté des cultes1 2. Les jours suivants, la police était avertie que les catholiques se proposaient d’employer des femmes de la halle et des faubourgs à renouveler les mêmes scènes dans les autres temples. Heureusement Fouché veillait ! Le 26 nivôse, les théophilanthropes retournaient à Saint-Ger vais et les mesures d’ordre étaient si bien prises qu il ne se produisit aucun trouble. Tout se borna à quelques mau vais propos 3.
Campagne anticléricale des théophilanthropes de Saint-Sllpice. — Contre toute attente, la secte se main tenait et s’affermissait même. A Saint-Sulpice (temple de la N ictoire), les théophilanthropes célébraient les fêtes, dont ils avaient tracé le programme à la fin de 1 année précédente. Chacune était pour eux l’occasion d’attaques parfois très vives contre le catholicisme. Le 20 pluviôse an l\, un de leurs orateurs instituait un parallèle éloquent entre la philosophie et la superstition. Faisant un retour sur