L’Observateur du 2Û thermidor
la séance dernière, qui était aussi nombreuse qu’auparavant1 ».
Le 18 brumaire. — Les théophilanthropes de l’Yonne accueillirent avec enthousiasme la nouvelle du débarquement de Bonaparte à Fréjus. A Auxerre, à Villeneuve, ils tirèrent des salves d’artillerie en l’honneur de l’heureux événement. L’Observateur publia des couplets a a la louange du héros italique2 ». La nouvelle du 18 brumaire ne laissa pourtant pas que de les surprendre3 4 5. Les uns, en petit nombre, se montrèrent mécontents et hostiles. Boileau, président de l’administration centrale, refusa d’enregistrer la loi du 19 brumaire. Les autres, ou manifestèrent leur joie, ou par politique firent taire leurs inquiétudes. L’Observateur changea de propriétaire et, sous sa nouvelle direction, fit l’éloge du coup d’Etat. Benoist-Lamothe y publia une pièce de vers ultra-bonapartiste sous ce titre : « Bonaparte aux généraux Kléber et Desaix en Egypte ’. » Son zèle le fit désigner au choix du préfet lors de la formation du conseil général du département.
Troubles provoqués par les arrêtés de nivôse. - — Les théophilanthropes cependant ne tardèrent pas à déplorer le coup d’Etat et à regretter leur joie prématurée. Les arrêtés de nivôse, si favorables aux catholiques, furent dans tout le département le signal de troubles et de désordres dirigés contre leur culte. A Fiogny, le i5 nivôse, une bande « de petits enfants des deux sexes