T, F, S PRÉLUDES DE LA THÉOPHILANTHROPIE
gions admises en France, ou susceptibles de l’être cl d’en composer une formule d’invocation à l’Etre suprême qui, sans porter atteinte à aucun dogme particulier, réunirait de temps en lemps tous les Français dans l’exercice commun d’un culte bien simple, mais universel ?. . . »
Il voudrait qu’on affichât dans tous les temples de toutes les religions une formule religieuse qui leur serait commune à toutes, et il propose lui-même un exemple de cette formule en vers :
Ame de l’univers, Dieu puissant, juste et sage,
Tous les Français soumis aux mêmes lois,
Te rendent un commun hommage,
Pour te bénir ils n’ont plus qu’une voix, etc.
Les adorateurs de la liberté et de l’égalité a Toulon. — La plupart de ces projets de culte civique restèrent à l’état de projet. Quelques-uns pourtant furent mis à exécution. C’est ainsi que, d’après Grégoire1, une société d' Adorateurs de la Liberté et de l'Égalité demanda en l’an IV, à la municipalité de Toulon, le temple de la Raison pour y célébrer son culte. L’auteur d’un ouvrage récent sur Toulon ancien et ses rues confirme et complète le renseignement de Grégoire et nous apprend que ces patriotes toulonnais obtinrent l’église Saint-Louis, où ils se réunirent en l’an IV2.
Il est probable que les patriotes marseillais projetaient à la même époque de se réunir en église, ainsi qu’en témoigne le Discours sur la religion naturelle, prononcé à la société populaire de Marseille, en l’an IV, par Sébastien Lacroix, commissaire du Directoire près les tribunaux3.